SCÈNE PREMIÈRE
DULORÈS, LE MUET.
DOLORÈs, une Clef à la main.
Voilà, mot pour mot, les instructions du faux don Miguel. Avec cette clef (Le muet fait un geste pour la prendre.) ouvrir dans le mur la porte secrète de la cellule. Si le condamné dort, ne pas le réveiller. C'est son dernier sommeil. Et surtout le stylet au pied du lit. Il y aura eu suicide. Pour moi, les instructions sont moins précises. A six heures, le majordome vient chercher le pain du prisonnier. Lui soutirer délicatement le secret dont il doit être porteur aujourd'hui. Et voilà tout! C'est besogne facile à un poignard d'arriver au cœur d'un prisonnier endormi. Avec quelle clef ouvrirai-je à la trahison l'âme d'un serviteur fidèle au malheureux dont, il mange le pain? Et à moins que cette main de femme ne commence par tirer le rideau sur la Madone... (Regard terribe du muet.) Ah ! ah ! Notez que je ne fais que vous répéter les instructions de don Miguel. Mais, encore une fois, en face du salaire qui sourit à notre misère, n'y a-t-il donc pas deux scrupules à crever deux consciences de Maures d'Afrique? Suicider un hérétique est œuvre pie. Mais le suicider endormi et sans confession? (Le mwe^ hausse les ^pau^e^.) Vous secouez votre