ACTE V, SCÈNE ÎH
HÉLÈNE
Sire, en présence des choses terribles que vous faites , • me demande si vous croj'ez au ciel. LE Ror, Oui, car il est dans un regard d'Hélène. Loin d'elle. J'ai connu l'enfer et son plus mortel supplice. Allons! panr moi aussi est venue l'heure du salut ou de la dam- .:ition. Ou ton baiser ou sa tête.
HÉLÈNE, t arrêtant ctiin geste .
Eh bien! si, placée ainsi entre le roi et le bourreau, eatre sa mort et la mort de mon honneur; si, à ce pi'ix -nne vous dites, je voulais .. qui m'assure que ma chu!:o .'^.hèterait son salut?
LE ROI
Moi, madame. Je vous en donne ici ma parole royale. ■ 'coûtez. Cette porte est bien gardée. Jamais, en ce ionde, âme qui vive ne saura...
HÉLÈNE
Et Dieu ne saura -t-il pas ?
LE ROI
ïl fermera les yeux.
HÉLÈNE
Horrible, horrible ! Et si, entendant un roi parler ainsi, ■Je n^osais croire à sa parole, quel autre gage de sa foi me -donnerait celui qu'en vain ici implore mon honneur conamné?
LE ROI
Ah! cela encore était prévu, femme plus fière en ta
: Hresse que reine sur un trône! Sa grâce, avec le sceau
ojal, la voilà. (// lui montre un papier qu il déploie.)
Que je laisse tomber ce papier d'ici, et il est la clef qui
îîFîvre à Montigny . . .
HÉLÈNE, regardant le papier.
Oui, sa grâce, avec le sceau royal. Tout y est.
Eh bien ?
174 MONTIGNY
HÉLÈNE
Et ce papier tombant à ses pieds est le gage irrévo • cable de son salut ?
LE ROI
Par la madone à qui tu ressembles ! oui.
HÉLÈNE
Irrévocable, quand même, de honte et de douleur, je tomberais mourante à vos pieds ?
LE ROI
Je le jure.
HÉLÈNE
Tu l'auras voulu, roi Philippe ! C'est toi qui répondras là-haut de ce qui va arriver !
LE ROI, s approchant pour la prendre dans ses bras.
Ange du ciel !
HÉLÈNE, l'arrêtant.
Sa grâce d'abord.
{Le roi va à la fenêtre pour jeter le papier. — Hélène
porte la main sur le poignard caché dans son sein. —
Montigny s'élance et arrache le papier de la main du
roi.)