RENÉ, CHATEAU, RICHELIEU, FRONSAC
RICHELIEU
Parbleu ! voilà du singulier, messieurs !... Florine discrète!...
ou je me trompe fort, ou nous allons voir tout à l'heure quelque chose d'horrible!... il va sourdre une rosière quelque part... Mais voyons , messieurs, il faut approfondir cela... Cette dame, qui connaît Florine... qui va au bal masqué .. et qui en fin de compte demeure dans une espèce de couvent... CHATEAU, riant.
Dans un couvent !... souffrez que j'en rie à mon aise, monsieur le maréchal.
RICHELIEU
Riez, monsieur Château... Ne m'avez-vous pas dit dans un couvent, Fronsac?
FRONSAG.
Mieux que cela, monsieur. Vous savez cette mystérieuse maison, cette thébaïde murée, grillée et foriiâée, qui se trouve près de l'Arsenal, a droite... qu'on appelle l'Ermitage de l'Arsenal... CHATEAU, très-sérieux toui à coup.
Juste cielî mais c'est dans cette maison que ma nièce achève son éducation!...
RICHELIEU
C'est cela! c'est la nièce de M. Château.
Si je le croyais!...
RICHELIEU
Bon ! bon ! quand elle serait un peu gaillarde comme son oncle... Aureste, vous devez vous tromper, M. Château... car cette maison, cette thébaïde, dont parle M. de Fronsac, n'est ni un couvent ni un pensionnat. . . elle sert simplement de retraite à une femme de beaucoup de vertu et d'esprit... à ce qu'on dit... car la cour en parle... sans Tavoir jamais vue... quoiqu'elle passe pour être l'amie particulière de Mesdames.
CHATEAU
Justement... c'est madame la chanoinesse de Reuilly, monseigneur.
RICHELIEU
Eh bien, est-ce que c'est votre nièce, cette chanoinesse?
CH.\TEAU
Non, monseigneur... mais ma nièce demeure avec elle.
RICHELIEU
Mais ce n'est pas possible. Château, vous vous trompez de porte. Je sais parfaitement à quoi m'en tenir... Mon oncle, monsieur le cardinal de NoaiUes, qid demeure à côté, est le directeur de cette édifiante personne... Il médisait encore hier qu'elle vivait dans une solitude absolue entre ses livres et son jardin. Le