LOUISON, CHATEAU, BLAISE
LOUISON
Pourquoi donc enfermer cette pauvre petite, monsieur?
CHATEAU
Prudence est mère de sûreté, dame Louison ; derrière la croix se tient le diable. Je suis passablement inquiet, dame Louison.
LOUISON
Inquiet ?
CHATEAU
Au reste, il n'y a point de danger si vous êtes fidèles, si vous ne vous laissez pas corrompre, si vous ne laissez pénétrer ici aucun étranger.
LOUISON
Mais qu'est-ce qu'il y a donc, monsieur ? est-ce qu'il va venir des voleuis?
CHATEAU
Peut-être ! Mes amis, soyez fidèles, ou vous êtes perdus. Moi, je cours rejoindre votre maîtresse, et je la ramène.
LOUISON
Ah! mon Dieu!... attendez... monsieur, je vais vous ouvrir la petite porte du potager, cela vous abrégera la route de moitié.
CHATEAU
Vite, vite, ma bonne dame ; et toi, mon garçon, ne t'endors pas.
Non, monsieur. {Château et Louison sortent à droite.) SCENE V.
BLAISE, seul, puis LOUISON.
BLAISE
Ehben! je m'en doutais, moi, qu'il y avait des malfaiteurs sous jeu... Ce matin encore, j'ai vu des pas le long du mur jusqu'à la porte da pavillon de madame, et ce n'est pas la première fois, non, et même que j'ai cru entendre un petit trottinement la nuit passée, et que pour moins de rien je me serais levé, si je n'avais pas craint la fraîche... (On sonne.) Ah! les v'ià, dame Louison !
LOUISON, accourant.
Quoi? {On sonne de nouveau.)