‹ ThéâtreChapitre 196 sur 462 · LOUISON, CHATEAU, BLAISE · texte numérisé non relu

LOUISON, CHATEAU, BLAISE

LOUISON

Pourquoi donc enfermer cette pauvre petite, monsieur?

CHATEAU

Prudence est mère de sûreté, dame Louison ; derrière la croix se tient le diable. Je suis passablement inquiet, dame Louison.

LOUISON

Inquiet ?

CHATEAU

Au reste, il n'y a point de danger si vous êtes fidèles, si vous ne vous laissez pas corrompre, si vous ne laissez pénétrer ici aucun étranger.

LOUISON

Mais qu'est-ce qu'il y a donc, monsieur ? est-ce qu'il va venir des voleuis?

CHATEAU

Peut-être ! Mes amis, soyez fidèles, ou vous êtes perdus. Moi, je cours rejoindre votre maîtresse, et je la ramène.

LOUISON

Ah! mon Dieu!... attendez... monsieur, je vais vous ouvrir la petite porte du potager, cela vous abrégera la route de moitié.

CHATEAU

Vite, vite, ma bonne dame ; et toi, mon garçon, ne t'endors pas.

Non, monsieur. {Château et Louison sortent à droite.) SCENE V.

BLAISE, seul, puis LOUISON.

BLAISE

Ehben! je m'en doutais, moi, qu'il y avait des malfaiteurs sous jeu... Ce matin encore, j'ai vu des pas le long du mur jusqu'à la porte da pavillon de madame, et ce n'est pas la première fois, non, et même que j'ai cru entendre un petit trottinement la nuit passée, et que pour moins de rien je me serais levé, si je n'avais pas craint la fraîche... (On sonne.) Ah! les v'ià, dame Louison !

LOUISON, accourant.

Quoi? {On sonne de nouveau.)

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