‹ ThéâtreChapitre 197 sur 462 · ACTE II, SCENE YI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE YI

BLAISE

Les v'là!...Je n'ouvre pas!

LOUISOX.

Et si c'est madame ! poltron !

BLAISE

Tiens, au fait ! si c'est madame !

LOUISON

Regardez par le guichet avant d'ouvrir.

BLAISE, s' éloiijnant .

Oui, oui, je m'en vais regarder par le guichet. [Il fait quelques pas, puis revient.) Et si ce n'est pas madame?... Tiens, au fait, je le verrai bien, puisque je vais regarder par le guichet. [Il s'éloigne en parlant.)

LOuisoN, seule.

Qu'est-ce qu'il dit? qu'est-ce qu'il a?... Il devient maniaque comme un vieux garçon.

BLAISE , hors de vue.

C'est ellel c'est madame la chanoinesse !

LOUISON

Ah ! Dieu soit loué !

BLAISE, hars de vue.

Entrez, madame ; par ici, vous autres, par ici. [Paraît la chaise de la Chanoinesse, que Fronsac , vêtu en homme de peine, porte par devant, et René par derrière.)

SCENII VI.

LOUISON, BLAISE, FRONSAC, RENÉ, puis RICHELIEU.

LOUISON

Ah ! madame, que vous faites bien d'arriver !

BLAISE

Ah ! oui, madame, monsieur Château sort d'ici, il dit qu'il doit venir des malfaiteurs.

FRONSAC, posant la chaise.

Ouf! je suis curieux de savoir ce que mon père pensera de ce tour-ci.

RENÉ, descendant la scène.

Dieu merci, j'arrive le premier, et Fronsac ne se doute pas... Monsieur de Fronsac!...

FRONSAC

Vous icil

RENÉ

Allons, je vois que nous avons eu la môme idée.

a6 LA VIEILLESSE DE RICHELIEU.

FRONSAC

Silence, monsieur! débarrassons-nous d'abord de la chanoinesse, nous verrons ensuite I

BLAiSE, ouvrant la porte de la chaise.

Oui, madame, monsieur Château... Ah!... [Richelieu sort de la chaise. Tous poussent un cri.)

RICHELIEU

Merci, camarades , merci de la peine. Rassurez-vous, mes bonnes gens, rassurez-vous. Vous voyez bien que je viens de la part de votre maîtresse, puisqu'elle m'a prêté sa chaise. {^4 Biaise.) Tu disais, mon garçon, que monsieur Château était venu vous avertir que des malfaiteurs...

LOUISOX.

Devaient s'introduire ici, oui, monseigneur.

RICHELIEU

Précisément, madame la chanoinesse m'envoie pour vous prêter main forte. Soyez tranquilles; maintenant que je suis dans la place, je vous garantis qu'ils n'y entreront pas. Vous n'êtes pas gens à vous laisser corrompre ?

LOUISON

Ah ! non, monseigneur ; monsieur Château nous a bien recommandé d'être fidèles.

RICHELIEU, leur donnant à chacun une bourse. Très-bien ! alors, prenez ceci.

LOUISON et BLAISE.

Mais, monseigneur...

C'est pour récompenser votre fidélité. Voici deux compagnons qui vous aideront à faire bonne garde. Je vais leu il i-mer mes instructions.

BLAiSB, o Louison.

Ce n'est pas un voleur, toujours.

RICHELIEU, prenant à part Fronsac et René. Vous voyez que je suis généreux, messieurs, je vous garde. Respect aux vaincus.

FRONSAC

Comment, mon père, c'était vous?

RICHELIEU

Très-probablement.

RENÉ

Mais de grâce, comment avez-vous pu, monseigneur?...

RICHELIEU

Rien de plus simple... La chaise de la chanoinesse était dans

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