ACTE V, SBENE III
RENÉ
Merci encore une fois , monseigneur ; frappez-moi au cœur , si vous le pouvez, mais pas au visage 1
BICHELIEU.
A vos souhaits, monsieur. [A part.) Il avait de l'âme cet enfant.»■''(// salue de Vépée.)
RENÉ, à part.
0 chère épée que je tiens d'elle ! . . . défends-la bien ! [Ils se metr lent en garde.)
RICHELIEU, pendant qu''ils se battent.
Vous vous engagez fort; c'est égal vous jouez agréablement... il faux dire aussi que vous avez là une jolie brette... La coquille est ciselée a l'italienne, ce me semble ?
RENÉ
Vous tenez mal , votre promesse, monseigneur, vous me ménagez I
RICHELIEU
Du tout, et la preuve... Ma foi! vous en teniez, mais le pied m'a glissé !... Ah! voila qui devient sérieux... Ah çà, mais., mais éclairez donc. {Les laquais font un pas.) Quelle étrange épée a-t-il là?... il y a un chiffre, une devise... quoi?... Par le ciel, arrêtez, monsieur!
RENÉ
Défendez-vous, monsieur le duc ! [Il redouble d*efforts.) RICHELIEU, avec une énergie croissante.
Où avez-vous pris cette épée?... Assez, assez, vous dis-je ! montrez-moi votre épée ! arrêtez !
RENÉ
Non!... non I...
RICHELIEU
Je'vous l'ordonne I... je vous eu prie ! Ah ! vous ne voulez pas me la montrer ! Eh bien. (// le désarme, René haletant et confus demeure immobile.) Château, donnez-moi cette épée. [Château la donne h Richelieu.)
RICHELIEU, examinant Vépée avec émotion.
Je ne me trompais pas!... mon chiffre!... Cette devise italienne ! Monsieur René, où avez-vous acheté cette épée?
Cette arme n'est point achetée, monseigneur... Après m'en être si mal servi , je rougis d'avouer que c'est un présent de ma mère.
RICHELIEU
De votre mère? [A part.) De sa mère!... c'était sa mère.
RENÉ
Ne pouvant me donner 'le nom de mon père, elle m'avait an moins confié son épée. [y^vec amertume.) Hélâsl c'était encore plus que je nVn pouvais porter. [Il cache sa tête dans ses mains.) RICHELIEU, le regardant avec intérêt.
Pauvre enfant ! il croit que c'est lui qui est vaincu!... (Haut.) Monsieur Château, courez: allez tous, qu on lui ouvre!... dites à ces dames que je les prie de venir à l'instant.
CHATEAU
T'y vais, monseigneur. (// sort par la gauche précédé de deux valets»)
SCElffE IV.