‹ ThéâtreChapitre 242 sur 462 · ACTE V, SBENE III · texte numérisé non relu

ACTE V, SBENE III

RENÉ

Merci encore une fois , monseigneur ; frappez-moi au cœur , si vous le pouvez, mais pas au visage 1

BICHELIEU.

A vos souhaits, monsieur. [A part.) Il avait de l'âme cet enfant.»■''(// salue de Vépée.)

RENÉ, à part.

0 chère épée que je tiens d'elle ! . . . défends-la bien ! [Ils se metr lent en garde.)

RICHELIEU, pendant qu''ils se battent.

Vous vous engagez fort; c'est égal vous jouez agréablement... il faux dire aussi que vous avez là une jolie brette... La coquille est ciselée a l'italienne, ce me semble ?

RENÉ

Vous tenez mal , votre promesse, monseigneur, vous me ménagez I

RICHELIEU

Du tout, et la preuve... Ma foi! vous en teniez, mais le pied m'a glissé !... Ah! voila qui devient sérieux... Ah çà, mais., mais éclairez donc. {Les laquais font un pas.) Quelle étrange épée a-t-il là?... il y a un chiffre, une devise... quoi?... Par le ciel, arrêtez, monsieur!

RENÉ

Défendez-vous, monsieur le duc ! [Il redouble d*efforts.) RICHELIEU, avec une énergie croissante.

Où avez-vous pris cette épée?... Assez, assez, vous dis-je ! montrez-moi votre épée ! arrêtez !

RENÉ

Non!... non I...

RICHELIEU

Je'vous l'ordonne I... je vous eu prie ! Ah ! vous ne voulez pas me la montrer ! Eh bien. (// le désarme, René haletant et confus demeure immobile.) Château, donnez-moi cette épée. [Château la donne h Richelieu.)

RICHELIEU, examinant Vépée avec émotion.

Je ne me trompais pas!... mon chiffre!... Cette devise italienne ! Monsieur René, où avez-vous acheté cette épée?

Cette arme n'est point achetée, monseigneur... Après m'en être si mal servi , je rougis d'avouer que c'est un présent de ma mère.

RICHELIEU

De votre mère? [A part.) De sa mère!... c'était sa mère.

RENÉ

Ne pouvant me donner 'le nom de mon père, elle m'avait an moins confié son épée. [y^vec amertume.) Hélâsl c'était encore plus que je nVn pouvais porter. [Il cache sa tête dans ses mains.) RICHELIEU, le regardant avec intérêt.

Pauvre enfant ! il croit que c'est lui qui est vaincu!... (Haut.) Monsieur Château, courez: allez tous, qu on lui ouvre!... dites à ces dames que je les prie de venir à l'instant.

CHATEAU

T'y vais, monseigneur. (// sort par la gauche précédé de deux valets»)

SCElffE IV.

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