‹ ThéâtreChapitre 289 sur 462 · ACTE II, SCENE IX · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE IX

CLAUDIA

Oh! tout à fait inutile. Et si c'est de lui que vous voulez rae parler... [Elle fait nn mouvement pour sortir.) JULIO, la retenant.

Non... mais d'une autre personne qui ose à peine croire à son bonheur!...

CLAUDL\.

Je ne comprends pas...

JULIO

Vous ne comprenez pas que celui que vous avez entouré d'un intérêt si tendre... que vous avez protégé de vos avis, de vos conseils, comme une fée bienfaisante... est la... près de vous... CLAUDIA, émue.

Vous vous trompez-.. J'ignore qui a pu vous faire croire...

JULIO

Démentez donc vos billets mystérieux que j'ai reçus?...

CLAUDIA, troublée.

Monsieur... monsieur... Je ne les connais pas... JULIO, lui mettant la lettre de Pascariello sous les yeux.* Mais vous reconnaîtrez au moins l'écriture... dans ce billet que vous adressiez h lady Harailton... pour refuser son protégé...

CLAUDIA

Ociel!... on vous a montré?...

JULIO

Calmez-vous... Je ne saurai que ce que vous voudrez... Mais c'est vous... c'est vous!... Ne cherchez pas, en le niant, à étoufter dans mon cœur la joie que ce moment vient de me donner... C'est vous I...

CLAUDIA, suppliante.

Oh!... parlez bas!...

JULTO, baissant la voix.

Ne craignez rien ! c'est un secret entre nous deux... Non que je me croie digne de vous, .. Je suis un fou, un extravagant, qui cherchais bien loin le bonheur, sans penser qu'il était si près de moi... Oh!... laissez-moi le temps de vous mériter à force de soins... d'adoration... Laissez-moi me rapprocher de l'ange que j'aimais déjà comme un retour au bien, comme un premier pas vers cette conversion qui était votre ouvrage !..,

CLAUDIA, /)/us e'mwe.

Vous m'aimiez... vous, monsieur?...

* Julio, Claudia.

a2 LES BIJOUX INDISCRETS.

JULIO

Pour cette sollicitude invisible que je retrouvais partout... pour cet a:mour...

CLAUDIA

De l'amour... moi!...

JULIO, tendrement.

Avouez-le...

CLAUDIA, baissant les yeux.

Je ne puis avouer que ma reconnaissance !

JULIO

De la reconnaissance !... Qu'ai-je donc fait?

CLAUpfA.

Vous l'avez outip?... {^éprès i^t^p pquse.) A P^lerme... il y a deux ans h peine!., vous souvenez-vous qu'en passant sur le port un vieillard fut insulté par un jeune officier,., \j{n ptoyfdl|... vous prîtes sa défense!...

JULIO

Oui... je le rappelais hier...

CLAUDIA

Une jeune fille était tremblante k son bras... c'était son enfant,., c'était moil...

JDLIO.

Vous! Oh ! pardon î Je n'avais vu que le vieillard qu'on insultait.

CLAUDIA

Je |e sais 1 car le lendemain, lorsque mon père se présenta chez son agresseur pour lui demander raison, il le trouva blessé, reçut les plus nobles excuses, et apprit alors seuletneni la fonduite et le nom de son généreux deffinseur, qu'il chercha vainement dans tout Falerme. Vou« étiez parii le matin môme. {Jvec émotion.] Il est mort sans avoir pu vous remercier, monsieur... c'est une dette qu'il m'a laissée!... Vo.svoyez que je ne pouvais perdre le souvenir de votre nom ni de vos traits !... Dans cette Cû^r trompeuse, où vous bravez tant de périls, mon père yeillerait sur vous comme sur un fils, et moi...

Air des Hirondelles. (Féliciea David.)

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