ZOÉ, HERCULE
HERCULE, entrant vivement*'.
Ali ! ma chère Zoé, permettez- moi. . . (// veut V embrasser.)
ZOÉ, reculant.
Eh ! bien, monsieur. . . Mais ma sœur est sortie. . . et je vais...
HERCULE
Non , je suis autorisé par Léon. . . votre tuteur. . . Permellezuîoi . . . {Même jeu.)
ZOÉ*'
Mais finissez donc ! Est-ce que vous me prenez pour >anelle ?
HERCULE
Nanette ?
ZOÉ
Que vous venez d'embrasser, Monsieur.
HERCULE
C'osl possible ! . . . Je ne sais pas !... Depuis ce malin j'embrasse tout le monde. Je suis si heureux ! (Même jeu.) Permellez-moi. . zoÉ, reculant. Mais, qu'est-ce que vous avez donc?
î^tiL.Mi l^
Mais, je suis aominë, Zoo, je suis noiuuié !
ZOE.
Substitut !
nLRCULE, arec enUioasiasnie.
A Pouloise. — Hier, en reiiliant du bal, la nouvelle m'allenclail chez mon porlier. — - Je voulais partir à l'instant |)Our vous
l'apprendre.. . Mais il était deux heures du malin J'ai pensé
que VOUS dormiez peut-être. . .
ZOÉ, riant.
En ell'el, je dors assez souvent, à celle lioure-U.
HliRCLLE.
Mais moi, je n'ai pas clos l'œil de la nuit. . • . Car je me disais que ce matin ! . . . Ah ! Zoé !
AïK : de CcUne.
J ai vingt-cinq ans, un cœur de llainme, Et je suis riche, s'il vous pkit, Substitut! avec une femme Je serais un homme complet.
Fier de ma dignité nouvelle, Je suis venu, sans hésiter, Vous demander, mademoiselle, De vouloir bien me compléter.
ZOÉ , trcs-graciense.
Déjà !
ns-RCLLi;.
Votre tuteur vieul de me dire: A preaeiii, le mariiicje su ter. quand tu voudras. . .
ZOli .
Lt. . . qu*avez-vous lépondu ?
nEucuLi;.
Qu'il se fera quand vous voudrez!
ZOÉ
Ah î c'est très-bien !
IIEIICLLL.
Mais vous comprenez que le plus tôt sera le mieux, bailleurs U contras la corbeille, j'ai pensé à tout.
ZOÉ, léijcreiiwnt. [Passant a la cheinincc-. ) Quand devez-vous partir?
ntUCLLE.
Dans huit jours; vous voyez tpie. . .
ZOÉ, riiilerroinijant.
\ a-t'il de la société ù Ponloise r
UERCLI.i;.
Une société charmante! On sort beaucoup, on se voit beaucoup ou s'amuse beaucoup. Noms scious trè -heureux !
'0 Lt: MARIAGE AU MinOlU.
Ali ! parlez pour vous!
HERCULE
Laissez-moi dire; Sous.' Ah! vous ne savez pas, Zoé, ce que c'esl qu'un mari de mon caractère ! Je serai resclave de ma femme.
ZOÉ, ù part.
Ils disent tous la même chose.
UERCLLE.
Vous ne formerez pas un désir qu'il ne soit exaucé. Les toilettes les plus fraîches, les plus charmantes robes, les plus jolis chapeaux. . .
ZOÉ, à part.
Même thème, mêmes variations !
HERCULE
Nous mènerons l'existence la plus fortunée ! Enfin, nous aurons le paradis. . .
ZOÉ, avec malice, APontoise?
HERCULE
A Pon toise !
ZOÉ, redescendant.
Oui, tout cela m'enchante, me ravit! Ah! que le mariage est agréable à voir. . . de loin !
HERCULE, .se rapprochant.
Et de près donc !
ZOÉ
De près! . . . {EUe sovpire.) Tenez, Hercule, vous clés bon, n'estce pas?
HERCULE
Au collège on m'appelait bonasse.
ZOÉ
Et vous m'aimez. . . sincèrement?
HERCULE
Énormément.
ZOÉ
Eh bien ! je vais vous demander une preuve, une pclîle preuve d'amour.
HERCULE
Demandez-m'en une grande, une très-grande !
ZOÉ
C'est de ne m'épouser que dans un an.
HERCULE, abasourdi.
Jfcin?
ZOÉ
i:t môme, si vous ni'aimicz tout à fait, vous m'accorderiez dixliait mois î
HLUCULE.
Dix-Jiuii.., parcximple!... mais je n'accorde rien , rien du tout!
scÈ^t: V. H
zojÉ, Irès-douce.
Hercule, je vous en prie.
HERCULE, s'eœaspérant.
Est-ce qu'on a jamais prié un homme de. . .
ZOÉ, méwe jeu.
Je vous en supplie.
HERCULE, criant *.
Non ! non ! non î cent fois non !
ZOÉ, changeant de ton.
Ah! vous êtes entêté, 3lonsieur! et de plus vous êtes violent?...
HERCULE
Moi!
ZOÉ
Une nature âpre et dominatrice !
HERCULE
Moi ! ! !
ZOÉ
Et comme vous pourriez avoir d'autres défauts que 'je liens à découvrir, au lieu de dix-huit mois, je prends deux ans, Monsieur, entendez-vous !
HERCULE, furieux.
Ah I c'est trop fort !
SCÈ^'E V.
Les mêmes, LÉON.
LÉON, à Hercule*'^.
Eh bien! qu'y a-t-il donc, et quels motifs te rendent... si
rouge?
HERCULE
Les motifs les plus légitimes. Figure-toi, cher, que Mademoiselle, quand je suis prêt, quand le notaire est prêt, quand la corbeille est prête, vient me demander. . .
LÉOX.
Deux cachemires de plus?
HERCULE, les bras au ciel.
Un délai !
LÉON
Un délai?
HERCDLÉ.
De dix-huit mois, deux ans, que sais-je?
ZOÉ, tres-cabne.
Vingt-quatre mois.
LÉON
Allons donc!. . . c'est une plaisanterie. Voyons, ma choie belle-
- Z.-lf.
t? IL .MAIUAOL Al' MlKulK.
^œiu-, tju Càl-ce que cela signifie? Les demoiselles sojil urUinaiielueul assez pressées d'en Unir, et vous. . . ZOÉ. raillant.
Cela signitie que je ne suis pas pressée.
LÉON
<;"e3t impossible ! U y a une autre raison. Et tenez, je suis juge iîiiparlial dans la question ; et^ puisqu^î le barreau est en vacances (Avec une yravilé comique), j'établis ici une cour de justice. HERCULE, sévieuj:.
Et je soutiendrai l'accusation!
ZOE, riauL Ce sera votre début. Prenez garde!
HERCULE, sérieux- Mademoiselle, on ne plaisante pas avec la cour.
LÉo>, s asseyant au milieu du théâtre *. Prévenue, répondez sincèrement.
ZOÉ
Ahî c'est un interrogatoire?
LLO.N.
D'abord.
zoù.
(^uoi donc?. . . y aura-t-il jugement ?
HERCULE
i:t condamnation, je l'espère bien.
ZOÉ
Monsieur le sub.^lilut est sévère.
IlLIiCULL.
Inflexible comme la loi.
LL'-v.
Mais \ou5pouM-z élre acquillée.
ULU'AL!..
J'en ap]jelierai a mininta.
ZOÉ
Procédons. I" Mes noms, préuonis et qu.dilo, comme dans la (lozcttc des Triliunaur. Je m'appelle Zoé Bai telle ; j'ai di.\-liuit ans. Mes qualités. . .
LÉO
Passez ; nou.s les connaissons.
UERCULC
nue trop !
zoi-, salvcitt.
Messieurs, je lemercie la corn-.