‹ ThéâtreChapitre 443 sur 462 · ZOÉ, HERCULE · texte numérisé non relu

ZOÉ, HERCULE

HERCULE, entrant vivement*'.

Ali ! ma chère Zoé, permettez- moi. . . (// veut V embrasser.)

ZOÉ, reculant.

Eh ! bien, monsieur. . . Mais ma sœur est sortie. . . et je vais...

HERCULE

Non , je suis autorisé par Léon. . . votre tuteur. . . Permellezuîoi . . . {Même jeu.)

ZOÉ*'

Mais finissez donc ! Est-ce que vous me prenez pour >anelle ?

HERCULE

Nanette ?

ZOÉ

Que vous venez d'embrasser, Monsieur.

HERCULE

C'osl possible ! . . . Je ne sais pas !... Depuis ce malin j'embrasse tout le monde. Je suis si heureux ! (Même jeu.) Permellez-moi. . zoÉ, reculant. Mais, qu'est-ce que vous avez donc?

î^tiL.Mi l^

Mais, je suis aominë, Zoo, je suis noiuuié !

ZOE.

Substitut !

nLRCULE, arec enUioasiasnie.

A Pouloise. — Hier, en reiiliant du bal, la nouvelle m'allenclail chez mon porlier. — - Je voulais partir à l'instant |)Our vous

l'apprendre.. . Mais il était deux heures du malin J'ai pensé

que VOUS dormiez peut-être. . .

ZOÉ, riant.

En ell'el, je dors assez souvent, à celle lioure-U.

HliRCLLE.

Mais moi, je n'ai pas clos l'œil de la nuit. . • . Car je me disais que ce matin ! . . . Ah ! Zoé !

AïK : de CcUne.

J ai vingt-cinq ans, un cœur de llainme, Et je suis riche, s'il vous pkit, Substitut! avec une femme Je serais un homme complet.

Fier de ma dignité nouvelle, Je suis venu, sans hésiter, Vous demander, mademoiselle, De vouloir bien me compléter.

ZOÉ , trcs-graciense.

Déjà !

ns-RCLLi;.

Votre tuteur vieul de me dire: A preaeiii, le mariiicje su ter. quand tu voudras. . .

ZOli .

Lt. . . qu*avez-vous lépondu ?

nEucuLi;.

Qu'il se fera quand vous voudrez!

ZOÉ

Ah î c'est très-bien !

IIEIICLLL.

Mais vous comprenez que le plus tôt sera le mieux, bailleurs U contras la corbeille, j'ai pensé à tout.

ZOÉ, léijcreiiwnt. [Passant a la cheinincc-. ) Quand devez-vous partir?

ntUCLLE.

Dans huit jours; vous voyez tpie. . .

ZOÉ, riiilerroinijant.

\ a-t'il de la société ù Ponloise r

UERCLI.i;.

Une société charmante! On sort beaucoup, on se voit beaucoup ou s'amuse beaucoup. Noms scious trè -heureux !

'0 Lt: MARIAGE AU MinOlU.

Ali ! parlez pour vous!

HERCULE

Laissez-moi dire; Sous.' Ah! vous ne savez pas, Zoé, ce que c'esl qu'un mari de mon caractère ! Je serai resclave de ma femme.

ZOÉ, ù part.

Ils disent tous la même chose.

UERCLLE.

Vous ne formerez pas un désir qu'il ne soit exaucé. Les toilettes les plus fraîches, les plus charmantes robes, les plus jolis chapeaux. . .

ZOÉ, à part.

Même thème, mêmes variations !

HERCULE

Nous mènerons l'existence la plus fortunée ! Enfin, nous aurons le paradis. . .

ZOÉ, avec malice, APontoise?

HERCULE

A Pon toise !

ZOÉ, redescendant.

Oui, tout cela m'enchante, me ravit! Ah! que le mariage est agréable à voir. . . de loin !

HERCULE, .se rapprochant.

Et de près donc !

ZOÉ

De près! . . . {EUe sovpire.) Tenez, Hercule, vous clés bon, n'estce pas?

HERCULE

Au collège on m'appelait bonasse.

ZOÉ

Et vous m'aimez. . . sincèrement?

HERCULE

Énormément.

ZOÉ

Eh bien ! je vais vous demander une preuve, une pclîle preuve d'amour.

HERCULE

Demandez-m'en une grande, une très-grande !

ZOÉ

C'est de ne m'épouser que dans un an.

HERCULE, abasourdi.

Jfcin?

ZOÉ

i:t môme, si vous ni'aimicz tout à fait, vous m'accorderiez dixliait mois î

HLUCULE.

Dix-Jiuii.., parcximple!... mais je n'accorde rien , rien du tout!

scÈ^t: V. H

zojÉ, Irès-douce.

Hercule, je vous en prie.

HERCULE, s'eœaspérant.

Est-ce qu'on a jamais prié un homme de. . .

ZOÉ, méwe jeu.

Je vous en supplie.

HERCULE, criant *.

Non ! non ! non î cent fois non !

ZOÉ, changeant de ton.

Ah! vous êtes entêté, 3lonsieur! et de plus vous êtes violent?...

HERCULE

Moi!

ZOÉ

Une nature âpre et dominatrice !

HERCULE

Moi ! ! !

ZOÉ

Et comme vous pourriez avoir d'autres défauts que 'je liens à découvrir, au lieu de dix-huit mois, je prends deux ans, Monsieur, entendez-vous !

HERCULE, furieux.

Ah I c'est trop fort !

SCÈ^'E V.

Les mêmes, LÉON.

LÉON, à Hercule*'^.

Eh bien! qu'y a-t-il donc, et quels motifs te rendent... si

rouge?

HERCULE

Les motifs les plus légitimes. Figure-toi, cher, que Mademoiselle, quand je suis prêt, quand le notaire est prêt, quand la corbeille est prête, vient me demander. . .

LÉOX.

Deux cachemires de plus?

HERCULE, les bras au ciel.

Un délai !

LÉON

Un délai?

HERCDLÉ.

De dix-huit mois, deux ans, que sais-je?

ZOÉ, tres-cabne.

Vingt-quatre mois.

LÉON

Allons donc!. . . c'est une plaisanterie. Voyons, ma choie belle-

- Z.-lf.

t? IL .MAIUAOL Al' MlKulK.

^œiu-, tju Càl-ce que cela signifie? Les demoiselles sojil urUinaiielueul assez pressées d'en Unir, et vous. . . ZOÉ. raillant.

Cela signitie que je ne suis pas pressée.

LÉON

<;"e3t impossible ! U y a une autre raison. Et tenez, je suis juge iîiiparlial dans la question ; et^ puisqu^î le barreau est en vacances (Avec une yravilé comique), j'établis ici une cour de justice. HERCULE, sévieuj:.

Et je soutiendrai l'accusation!

ZOE, riauL Ce sera votre début. Prenez garde!

HERCULE, sérieux- Mademoiselle, on ne plaisante pas avec la cour.

LÉo>, s asseyant au milieu du théâtre *. Prévenue, répondez sincèrement.

ZOÉ

Ahî c'est un interrogatoire?

LLO.N.

D'abord.

zoù.

(^uoi donc?. . . y aura-t-il jugement ?

HERCULE

i:t condamnation, je l'espère bien.

ZOÉ

Monsieur le sub.^lilut est sévère.

IlLIiCULL.

Inflexible comme la loi.

LL'-v.

Mais \ou5pouM-z élre acquillée.

ULU'AL!..

J'en ap]jelierai a mininta.

ZOÉ

Procédons. I" Mes noms, préuonis et qu.dilo, comme dans la (lozcttc des Triliunaur. Je m'appelle Zoé Bai telle ; j'ai di.\-liuit ans. Mes qualités. . .

LÉO

Passez ; nou.s les connaissons.

UERCULC

nue trop !

zoi-, salvcitt.

Messieurs, je lemercie la corn-.

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