SCÈNE X
ZOÉ, puis NANETTE.
ZOÉ
Brave garçon! c'est la joie qui lui tourne la tète. Ah! mon Dieu! et Laure à qui j'avais écrit! Il faut vite lui dire que je m'étais trompée,
NANETTE, entrant en courant *.
Mamzelle! Mamzelle! j'viens d'parler à Jean Faillou. . .
ZOÉ
Eh bien?
NANSTTE.
Il n'en veut pas démordre. Il dit : J'veux être marié à la saint Martin, et à la saint Martin j'serai marié ! Qu'est-ce qu'il faut faire? ZOÉ, gaiement.
L'épouser, puisqu'il ne veut pas attendre.
KANETTE, stupéfaite.
Comment! vous mel'permeltez donc?
Oui; mais vas tout de suite me chercher du papier, des plumes, de l'encre, mon petit pai)ier rose à vignettes. Tu le connais?
NANETTE
Oui, Mamzelle. (Sautant de joie.) A\i\ que j'suis contente, que j'suis contente ! (Elle court dans la chambre à droite.) ZOÉ, allant à la table près de la fenêtre.
Pauvre Hercule ! je suis sûre qu'il est déjà bien loin ! (Elle tourne im peu son miroir et recjarde dedans.) Oui, voilà Adèle et Léon qui reviennent. Mon tuleur doit être enchanté. {S'arrctant tout-à-coup et regardant plus alteniiveinent.) Uà\s non; il a l'air furieux au contraire. Adèle se jette dans ses bras ; il la repousse! Qu'est-ce que cela veut dire? Il s'anime, il gesticule, il lui montre un papier... Ah! mon Dieu! mais je reconnais ce papier! Sa forme, sa couleur... C'est ma lettre à Laure! — Ma lettre! Oh! non, c'est impossible!
yxyE-ïTE,. rapportant ce que Zoé lui a demande.
Voilà, Mamzelle.
ZOÉ, vivement.
Qu'as-tu fait de ma lettre !
1NA?JETTE
Elle est à la poste, Mamzelle.
ZOÉ
Tu en es .sûre ?
NANETTE
c'est François qui l'a porîée.
2t U: MAKlAfiË Al MlUOiP..
ZOK.
Pourquoi Franrois?
NANFïTr.
C'est Monsieur qui l'a voulu.
zof.
Léon ! Tu la lui as donnée?
NANETÎF.
Xon, Mamzelle ; il me l'a prise.
ZOÉ, vivernei'ii.
Prise ! (Se contenant.) C'est bien (A fart ^ avec inditjDatian^.) Oh ! plus de doute, c'est ma lettre ! Oui, je comprends ; il a voulu savoir, il a osé. . . Mais alors, tout à l'heure, j'étais donc, .sa dupe?