SCÈNE XX SAINVILLE, BLINCOUR
SAINVILLK, sans voir Blincour.
Quel excès de bonté !
Je la trouve encor mieux que quand je la quittai.
BLINCOUR.
Eh bien! Monsieur?
SAINVILLE
Ah, ah, c'est vous? (A part.;. Avec [adresse Éprouvons son amour et sa délicatesse.
BLINCOUR.
Vous a-t-on bien reçu ?
SAINVILLE, avec un soupir.
Parfaitement.
BLINCOUR.
D'honneur ?
SAINVILLE
Vous me voyez, vraiment, honteux de mon bonheur.
BLINCOUR.
Comment?
Je vous blâmais, mais, je le dis sans
[feindre, D'après ce que j'ai vu, je ne puis que vous plaindre
BLINCOUR.
Me plaindre!... Ah! je comprends... Oui, l'amour,
[l'amitié,
Tout, dès que monsieur parle, est soudain oublié.
SAINVILLE
Oublié !. . . Non, Jenny vous aime, vous adore. Mais j'inspire un penchant plus véritable encore.
BLINCOUR.
Pour conquérir les cœurs, monsieur a des secrets Puissants, surnaturels, inconcevables...
SAINVILLE
Mais. . .
On pourrait le penser, sans trop s'en faire accroire.
BLINCOUR.
On n'est pas plus modeste... Et de cette victoire Quels seront les garants?. . .
SAINVILEB.
Je pourrais en montrer, Si je ne craignais pas de vous désespérer: Mais je suis trop humain pour battre un homme à
[terre.
BLINCOUR.
Un peu moins de pitié.
SAINVILLE
Non, non, je dois me taire.
BLINCOUR, avec impatience.
Xe me ménagez pas; parlez, Monsieur, parlez.
SAINVILLE
Hé bien ! il le faut donc, puisque vous le voulez.
Il lui donne le portrait de Jenny.) BLINCOUR.
Le portrait de Jenny !. . .
SAINVILLE
Que je tiens d'elle-même. . .
Après un tel présent, croyez-vous que l'on m'aime?