INTRODUCTION XIX
dirigées contre l'idolâtrie de la science. Dans cette ile, tout le monde est savant, tout le monde a reçu « l'instruction intégrale. » Il y a des architectes, et il n'y a plus de maçons; il y a des alchimistes et des chimistes, il n'y a plus de laboureurs ni de cuisiniers; il y a des astronomes, et il n'y a plus de tailleurs, de sorte que tout y est en ruine, à commencer par le palais du gouverneur; tout le monde y meurt de faim et tout le monde est vêtu d'habits bariolés qui heureusement ont été trouvés dans un navire naufragé sur la cote, car sans cela l'on en serait réduit au costume primitif.
Faut dos savants, pas trop n'en faut : L'excès en tout est un défaut,
comme chante le ministre Ruscar.
Certains couplets font penser à Désaugiers. On en trouve un notamment sur ce double refrain :
C'est ce qui le désole,
Et
C'est ce qui le console,
qui est déjà dans le Testament de Carlin. Mais quatre hommes d'esprit étant déjà inscrit^ pour la composition de ce petit acte, il nous semble superflu de supposer le concours d'un cinquième.
Désaugiers a essayé plus d'une fois de s'élever à un art plus délicat. Pour la Comédie Française et pour l'Odéon, il a écrit des pièces en vers. A la Comédie Française, il a donné YHeureuse Gageure qui est un divertissement composé à l'occasion de la naissance du Roi de Rome, V Hôtel garni et les Deux voisines.