INTRODUCTION XXI
Il est une partie de son œuvre qu'il faut au moins rappeler : ce sont les pièces de circonstance, les àpropos scéniques dont il fut prodigue. Il exerça une sorte de fonction publique qui, à certaine époque devint presque officielle, et qui consistait à célébrer sur le théâtre les grands événements de l'époque. Il commença de bonne heure à exercer cet emploi. Nous le voyons, dès 1807, fêter à la fois à l'Odéon et aux Variétés la paix de Tilsitt. Nous avons dit que l'Heureuse gageure fut un divertissement donné par Désaugiers à la Comédie-Française à l'occasion de la naissance du roi de Rome. Mais ce fut surtout lorsque le trône des Bourbons eut été restauré, que Désaugiers déploya tout son zèle dans cette sorte d'office politique. Désaugiers manifesta tout de suite les sentiments les plus royalistes. Cela se comprend sans peine. Désaugiers, ami du plaisir et de la paix, ne pouvait aimer le pouvoir violent et despotique, la guerre perpétuelle, les immenses tueries d'hommes, et devait accueillir avec joie un régime qui promettait d'être pacifique et paternel. Louis XVIII était entré aux Tuileries le 3 mai 1814. Le 6 juin, Désaugiers faisait représenter aux Variétés Y Ile de V Espérance ou le Songe réalisé, où l'on chantait :
Aux plaines où l'on, se battait.
Ou rit, ou chaute et l'ou s'embrasse.
Du triste cauon qui grondait, Le gai flacon a pris la place.
Le tambourin soûl va ronflant...
Tout est changé du noir au blauc.
Pendant les Cent jours, il se réfugia à Rouen, et ne reparut que pour fêter « le Retour des lys » en juillet 1815. A partir de ce moment, il devint l'organisateur de toutes les représentations théâtrales auxquelles