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XXII INTRODUCTION

donnèrent lieu le mariage du duc de Berry, la naissance du duc de Bordeaux, le sacre de Charles X. Tout cela se résumait en quelques couplets inoffensifs. Désaugiers y apportait tant de bonne grâce, si peu d'amertume, que les partis politiques même ne lui tenaient pas rancune.

Tour compléter l'expérience de son art, il fut comme Shakespeare et Molière, et, pour prendre un point de comparaison plus rapproché de lui de toute manière, il fut comme son ami Picard, directeur de théâtre. En 1816, il remplaça Barré dans la direction du théâtre du Vaudeville. « On ne pouvait placer, dît Brazier, à' la tète d'un théâtre chantant un homme [dus capable d'y entretenir le feu sacré. Toutefois, ayons le courage de le dire, nous qui avons été son ami, Désaugiers, homme d'esprit, s'il en fut, mais faible, bon, insouciant, n'avait pas cette volonté ferme, cette assiduité, cette persistance de tous les instants, qualités indispensables à un directeur de spectacle; il ne savait rien refuser, pas même un congé aux a< teurs dont il avait le plus besoin. »

Sainte-Beuve ajoute ce détail : <- Le soir, en rentrant du théâtre, à minuit, il se mettait à lire les pièces présentées, avant de les faire lire au comité. Il les lisa.il jusqu'au bout et écrivait aux auteurs des lettres longues, motivées, paternelles, qui adoucissaient les refus. Tous les conflits d'amour-propre ou d'intérêt se taisaient aisément devant lui. Il était de ceux qui ont un don à part et qui sont destinés par la nature,

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