INTRODUCTION XXIII
non seulement à égayer, mais encore à adoucir les relations des hommes. »
Son caractère aimable et facile avait donc ses inconvénients et aussi ses avantages dans le poste où il avait été placé. Tout alla bien dans les commencements. De nouveaux auteurs, qui déjà avaient la faveur du public, Scribe Bayard, Mélesville, Carmouche, etc., répondirent à l'appel de leur ancien. Il sut s'attacher des artistes en réputation : Gontier, Phillippe, Joly, Lepeintre aine, madame Perrin. Les actionnaires touchèrent d'excellents dividendes et furent enchantés de leur administrateur. Mais celle prospérité ne dura point. Ce qui fait la fortune des uns, cause l'infortune des autres : En 1819, Deleslre- Poirson obtient le privilège du théâtre du Gymnase que madame la duchesse de Berry prit sous sa protection. Scribe et les autres passèrent à la nouvelle salle. Gontier et madame Perrin se laissèrent enlever par Delestre-Poirson, Le public se détourna de la rue de Chartres et prit le chemin du boulevard Bonne- Nouvelle.
Le Vaudeville était désert, les recettes nulles. Le directeur perdit son prestige aux yeux des actionnaires appauvris. Ils le tracassèrent tant et si bien qu'il donna sa démission, en 182:2. M. Bérard lui succéda ; quoique habile, sa gestion ne fut pas beaucoup plus heureuse. Les actionnaires inconstants regrettèrent le chansonnier; ils le redemandèrent au ministre de l'intérieur. Celui-ci, après d'assez longues difficultés, rendit à Desaugiers, en 1825, ce qu'on nomme le sceptre directorial. Pour consoler Bérard, le ministre l'autorisa à fonder un nouveau théâtre sous le titre de Théâtre des Nouveautés, et Bérard lit immédiatement commencer la construction de ce théâtre sur la