‹ ThéâtreChapitre 117 sur 292 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

LE MARQUIS, d'un Ion dégagé.

* Ma parole d'honneur, je ne donnerais pas un- fétu de paille ' de tout ce que cela m'a rapporté; j'ai jeté ma jeunesse à

* tous vents, goûtant des joies stupides, poursuivant des

* amours fugitives; tout cela n'est pas tentant, ma chère. J'ai

* vécu comme un fou, mon cœur n'a jamais logé qu'en garni,

* et je me suis assis au banquet de la vie comme à un pique-

* nique où je payais souvent Técot des autres.

* Et pourtant ces joies, ces amours fugitives, vous les avez

* recherchées.

LE MARQUIS, avec une feinle bonhomie.

* Parbleu ! oui. — 11 fallait bien chercher quelque chose en ce

* temps de folie qui m'a vu naître; nous courions d'amour en

* amour... par curiosité pure. Mais vous ne savez pas quels mé-

* lancoliques retours amène la solitude ! Que de fois, le soir,

* rentrant seul, après une fête, je suis resté pensif devant mon

* foyer vide et triste, songeant qu'il pourrait être animé par

* une femme ou par quelque enfant qui saluerait mon retour

* d'un cri de joie!

LA BARONNE

*Oui, j'ai rêvé aussi ce bonheur; mais pour moi, cela ne

* sera jamais qu'un rêve.

LE MARQUIS

* Allons donc, ma chère ! ne parlez pas ainsi, vous me gâtez

* toute ma joie.

LA BARONNE

Mais, mon oncle, ne suis-je pas isolée, moi, dans cette maison où vous trouvez une famille?... Ma pensée m'entraîne malgré moi vers un autre en qui j'avais mis mes espérances.

LE MARQUIS

Bail ! bah ! ma chère, toutes les femmes se créent un roman en dehors de leur vie. Eve n'a pas cueilli tout le fruit défendu, il en restera toujours aux branches pour tenter ses filles... mais la vie réelle n'est pas romanesque, et vous comprendrez bientôt...

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L V BVRONM'..

lie langajie vous est facili', mon oncle, à vous qui avez lanl vécu...

LE MARQLIS, l'interrompant.

Merci! tant vécu! ne ilirait-on jias que j'ai l'âge île Matlmsalem ?

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