SCÈNE VI LE BARON, ANDRÉE
LE BARO?<, à Andrée, qui entre par la droite.
Ah! mon enfant, pourquoi viens-tu?
A^'DRÉE
Je ne puis rester seule, mon père... Mais qu'avez-vous?
LE BARQN.
Rien, mon enfant... ne t'inquiète pas...
ANDREE
Mais, mon père...
LE BARON, avec un calme feint.
Ce n'est rien, je te le répète, cela est passé... Tu sais que ta présence dissipe tous mes ennuis... Je vais voir Gontran.
♦ ANDRÉE
Il ne viendra pas.
Si, il viendra.
LE RARON.
ANDRÉE
Après tout, que viendrait-il faire ici ? Dois-je l'aimer encore, lui, la cause de la douleur que je vois empreinte sur votre visage?... Ah! pourrez-vous lui pardonner ?
LE BARON
Remets-toi, rien n'est encore désespéré... Laisse-moi le soin de ton bonheur. Je vais l'interroger... et, s'il est digne de toi, ton père oubliera... pardonnera.
ANDRÉE
Mais lui pardonnerai-jc, moi? oublicrai-Je? J'ai relu cent fois cette lettre où il se justifie et me jure qu'il m'aime; pendant que je la lis elle me convainct; mais dès que j'en détourne les yeux, le doute...
Espère, enfant; le monde n'est pas ce que tu le voyais du fond de la cajidide imagination... Les hommes ne gardent pas, comme vous, cette sainte virginité du cœur que vous apportez
à celui que Dieu vous desline... Va, console-toi, s'il t'aime, tu seras heureuse.