ACTE I 3j
DUDLF.Y.
Ce sera toujours un tableau de vous^ il n'en vaudra pas moins. S'il ressemble, tant mieux, sinon, ce sera une étude, une déesse, une femme.
DANIEL
Excusez-moi, milord, de répondre si ma! àvotreerr presseraent, mais je ne saurais faire ce portrait.
DUDLEY
Mais puisque je vous dis d'avance...
DANIEL
N'insistez pas, milord, je vous en prie, car, je vous le répète, je ne puis faire ce portrait.
DUDLEY
Pardonnez-moi, monsieui-, mon insistance était tovii égoïste. Je combattais un refus que je n'attribuais qu'à un scrupule d'artiste. Je comprends que vous désirez ne pas faire ce portrait, je n'ai plus qu'à regretter d'avoir été indiscret, (u se icve.)
DANÎEL, se levant au'si.
Encore une fois, milord, pardonnez-moi ce refus...
DUDLEY
Je ne saurais vous en vouloir, monsieur; je venais en solliciteur, et je n'ai pas perdu ma journée, piusque j'ai eu l'honneur de vous voir.
DANIEL, s'iaclinaot.
Milord...
DUDLEY
N'en parlons plus, monsieur. (Apercevant un lalieau sur Ic
ciievaiei, au fond, à gauche.) Oh ! mais VOUS avez là unc loile splendide ! N'est-ce pas un Léonard de Vinci ?
HENRI
Oui, milord.
DUDLF.Y.
Il est mt'ivcillcux!
HENUI.
On cite un beau portrait de ce maître qui fait partie de votre collection, milord.
DUDLEY
Oh! il n'est pas bien authentique... quelques connaisseurs le croient de Luini... Ce que j'ai de vraiment précieux de Léonard de Vinci, c'est un dessin représentant
une bacchanale.
Oui, on en parle comme d'un chef-d'œuvre.
DUDLEY
Étes-vous désireux de le \-'\<^, monsieur? Je l'ai justement à Paris, et si vous voulez bien me rendre la visite que je vous fais...
HENHI.
J'accepte, milord, avec empressement.
DUDLEY
Et plus tard, si quelque btai hasard vous amène à Londres, monsieur, venez me voir, je vous montrerai de belleschoses. L'art est un culte pour moi, je dirais presque une idolâtrie, et j'ai des merveilles de toutes sortes : des livres, des armures, des faïences et des statues ; ajoutez-y même trois tableaux de monsieur votre père.
D A M EL, s'inclinaot.
Milord...
HENRI
J'irai vous voir de grand cœur, milord; ce sera un pèlerinage d'artiste.
DUDLEY
Je vous rappellerai celte promesse. Adieu, messieurs,
DA.Mr.L.
Adieu, milord. (Oudlc^Mit, Ucun l'accoœpigoe.)