XX PRÉFACE
.BTef, X)Our toutes ces causes, on m'a supplié de supprimer cette scène, et fai cédé. Mais, cette décision prise, entre la répétition générale et la première représentation, fad traversé une journée d'angoisses. Puisqu'il y avait lutte, fêtais le lutteur qui se coupe un iras, mutilation qui ne va pas sans souffrance et sans risques.
Là dessus, une femme d'un grand cœur et de talent, qui s'élève contre toutes les injustices, dont la pitié est, d'avance, avec les persécutés et les vaincus, en quoi elle ressenible à Michel comme une sœur, cette femme feint que j'aie crié: Mort aux Juifs! et, dans un article qu'elle intitule P. P.C., prend la défense d'Israël ^ P. P. C. ? Par Pure Complaisance, sans doute? Cette fois, son indignation s'est trompée de côté. Si les Juifs sont opprimés en d'autres pays, et nous le déplorons, ils ne le sont pas chez nous, et tant mieux, mille fois tant mieux! Oui, ils l'ont été pendant quinze siècles, mais il ne faut pas qu'ils en abusent et qu'ils l'exploitent. Ils ne le sont plus depuis cent ans, et même, si on les Primait un peu, après tout, on ne brimerait pas les plus faibles, mais les plus forts, une minorité, mais écrasante. La preuve, c'est cju'ils permettent à peine qu'on parle d'eux, sinon pour les louer, et n'est-ce' pas le propre de la tyrannie?
Vous plaignez, ma chère Séverine, ces juifs, « paumes hères, traversant les affres que j'ai connues, les misères que j'ai endurées)), et ceux que vous comparez «à mes pareils d'autrefois, à mes compagnons d'hier», c'est Lazare Hœndelssohn, fils d'un père milliardaire et auquel les ministres n'ont rien à refuser; c'est Narcisse Afkler, directeur d'une grande Revue; c'est Jacques Vov:enberg, jeune noceur qui veut, à tout prix, se créer une situation dans la politique, la littérature ou la banque, et dit: — Quand je deviendrai sérieux,
1 Gil-Blas, 8 décembre 1903.