‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 26 sur 216 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

ANDRÉE

Oh! papa.

Monsieur Aubier est l'amabilité même...

MADAME AUBIER, regardant son mari.

Comme tu es rouge, Jules! Est-ce que tu ne digères pas bien? Tu n'es pas malade?

MONSIEUR AUBIER Malade ? Jamais malade !

HENRIETTE

Enfin! Il n'y a qu'une personne ici qui ne me regrettera pas, j'en suis sûre: c'est le capitaine.

LE CAPITAINE

Moi, madame, je serai désolé; je n'aurai plus personne avec qui me disputer, ça me manquera.

HENRIETTE

Et dire que si vous n'étiez pas militaire, je vous aimerais tant.

L'ONCLE EMILE Quand il n'a pas son uniforme, ça ne se voit pas.

HENRIETTE Tout de même, il y a toujours quelque chose.

MONSIEUR AUBIER

Je sais bien pourquoi vous n'aimez pas les militaires: M. de Chouzé fait ses vingt-huit jours et vous maudissez

une institution qui vous prend pendant quatre semaines

votre mari.

HENRIETTE

Ce serait une raison pour la bénir, au contraire... une petite séparation, de temps en temps, ce n'est pas désagréable.

GEORGES

Il paraît qu'il y a des chaleurs terribles dans la région où il fait les grandes manœuvres.

HENRIETTE

Oui, il paraît.

MADAME AUBIER

Monsieur de Chouzé est officier de réserve?

HENRIETTE Oui, officier.

MADAME AUBIER Dans quoi?

HENRIETTE Dans les chasseurs.

MADAME AUBIER

A cheval?

HENRIETTE

A cheval, oui, je crois... est-ce qu'il y a des chasseurs à pied?

LE CAPITAINE Il y en a quelques-uns.

HENRIETTE Vous savez, moi, ces choses-là...

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