ACTE DEUXIÈME
ANDRÉE
Parbleu !
JUDITH
Voyons! Bref, nous avions tellement parlé de ce qui pourrait lui arriver, que lorsque c'est arrivé...
ANDRÉE Il était tout prêt, comme vous.
JUDITH
Oui... un peu moins, cependant... Enfin, je lui ai fait comprendre qu'à notre époque, on ne retenait pas une femme de force et que, pour lui, la question se posait de savoir s'il préférait être trompé, ou me rendre élégamment ma liberté et que, d'ailleurs, si je ne reprenais pas ma liberté à cause de Michel, je la reprendrais...
Pour un autre.
JUDITH
Non, mais pour moi-même. Et. quand il m'a vue bien déterminée, il m'a laissée partir.
ANDRÉE
Et c'est comme ça que ça devrait toujours être! Comme je vous l'ai dit, votre aventure est la cause que nous avons parlé beaucoup de toutes ces questions, ces temps-ci, avec Georges, et j'ai trouvé mon mari tout à fait dans ces idées-là.
JUDITH Pas possible!
ANDRÉE Nous avons reconnu qu'après dix ans de mariage, nous
avions épuisé Tuu envers Fautre nos ardeurs et nos curiosités... ça, c'est une chose réglée.
JUDITH
A la bonne heure.
ANDRÉE
Et nous avons prévu que, dans ces conditions-là, nous chercherions fatalement des distractions en dehors de notre ménage.
JUDITH
Alors, vous divorcez?
ANDRÉE
Non. au contraire, nous restons mariés, nous ne nous séparerons jamais... parce que Georges m'a expliqué: en amour, lorsqu'on désire sa liberté, c'est pour Taliéner en d'autres mains...
JUDITH
C'est en général ce qui arrive.
ANDRÉE
Mais, il faut prévoir le moment oii l'on désirera à nouveau sa liberté, pour la réaliéner encore et, ainsi de suite.
JUDITH 11 n'y a pas de raison pour que ça finisse.
ANDRÉE
Justement... ce serait, chaque fois, des scènes bien ennuyeuses avec l'objet qui a cessé de plaire. Tandis qu'en restant mariés, tout se simplifie. Quand j'aurai assez d'une liaison, je dirai à mon amant: mon mari sait tout! et je brandirai le courroux d'un époux outragé. De son côté et