‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 67 sur 216 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

dans des circonstances semblables, Georges dira à sa maîtresse: ma femme sait tout! il évoquera la douleur d'une épouse délaissée..., et on nous fichera la paix.

JUDITH Vous avez pensé à tout... c'est admirable!

ANDRÉE

De sorte qu'en restant mariés, nous aurons la plus précieuse indépendance.

JUDITH

C'est l'union durable fondée sur un dévergondage réciproque: les coups de canif ne déchirent plus le contrat, ils servent au contraire à le contrôler, comme les coups de poinçon dans les billets de chemins de fer.

La vie est un voyage.

JUDITH Qu'on ne fait bien qu'à deux.

ANDRÉE

Pourvu que le deuxième ne soit pas toujours le même. Tout ceci entre nous, n'est-ce pas?

JUDITH Tout à fait entre nous... et Georges...

ANDRÉE

Ah! oui, et Georges... je préférerais même que vous n'en parliez pas à Michel.

JUDITH Soyez tranquille.

ANDRÉE

Je VOUS ai dit ça. parce qu'avec vous, on peut causer de choses sérieuses... Vous ne me jugez pas mal au moins?

JUDITH Je ne peux que très bien vous juger.

ANDRÉE

D'ailleurs. Georges a mis tout de suite à profit notre convention ; c'est une justice à lui rendre... et il me trompe! c'est-à-dire qu'il ne me trompe pas. puisque c'est convenu... l'habitude d'employer cette expression là... enfin, je crois qu'il est du dernier bien avec Madame Audry.

JUDITH Bravo! Et vous, avez-vous mis à profit la convention?

ANDRÉE, résolument.

Non.

JUDITH, froidement.

Bien.

ANDRÉE Ne soyez pas inquisitive.

JUDITH

Je ne suis pas inquisitive. Vous me dites; non, je vous dis: bien.

Un silence.

ANDRÉE

Au fait, à vous, je peux bien Tavouer.

JUDITH C'est oui.

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