‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 93 sur 216 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

ANDRÉE

Vous m'effrayez!

JUDITH

Oh! avec William Dorth. vous ne courez aucun danger: il caresse des pots et ça lui suffit.

L'ONCLE EMILE

Comment! des pots?

JUDITH

Oui, il paraît que les grès, les faïences, les porcelaines, leurs contours, leur poli, leur fraîcheur, leur grain, tout ça lui procure des sensations particulières.

L'ONCLE EMILE

Il est complet, votre William Dortli! Encore un élève de l'école anormale!

JUDITH

Quel mal fait-il? Il a bien raison si ça l'amuse. Il augmente le champ de ses sensations, voilà tout. Moi, je l'envie.

L'ONCLE EMILE

Taisez-vous donc! Savez-vous à quoi l'on en arrive, avec ces théories-là?

JUDITH Non, mais je vais le savoir dans un instant.

Eh! bien, on en arrive à excuser le monsieur qui plante des aiguilles dans la gorge de ses petites amies.

ANDRÉE Oh! l'espiègle!

L'ONCLE EMILE Celui-là aussi augmente le champ de ses sensations.

MOISSAC, fredonnant.

Cours, mon aiguille, dans ta gorge...

JUDITH Ah! non, vous savez, les aiguilles, très peu pour moil

LTJ>XLE EMILE

Vous voyez bien!... Non, ces gens-là. on devrait les condamner.

JUDITH

Ha! ha! les condamner! Alors, vous condamneriez William Dorth pour détournement de potiches ?

L'ONCLE EMILE

En tous cas, je commencerais par l'enfermer et par le doucher. (Il s'a(ire.>?e à Pauline.) Voyons, Madame, n'ai-je pas raison ?

PAULINE

Oh! 3Ionsieur. pour ces choses-là. moi je trouve que chacim est libre de faire ce qu'il veut.

L'ONCLE EMILE

Ah! alors, c'est différent. Après l'amour libre, le vice libre, le crime libre, même, au besoin; tout ça, c'est dans le même désordre d'idées.

Emile, vous vous emballez!

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