‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 94 sur 216 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

L'ONCLE EMILE

Je ne m'emballe pas; mais c'est égal, caresser des pots quand il y a les femmes, quand il y a les femmes!

ANDRÉE

Le fait est que je me demande quel plaisir on peut avoir avec des pots.

L'ONCLE EMILE Après tout, j'en ai eu quelquefois avec des cruches.

Il va rejoindre Michel et Trévières, en haussant les épaules et en grommelant,

JUDITH, quand il s'est un peu éloig-né.

Quelle vieille bête!

MOISSAC Il a raison, il dit ce qu'il pense.

JUDITH Mais il ne pense pas.

MOISSAC Alors, c'est comme s'il ne disait rien.

JUDITH

Imaginez-vous, il m'a lu l'autre jour un drame en vers, un drame historique, c'est idiot... c'est au-dessous de tout. Et puis il me déplaît, avec son insupportable manie de faire des à-peu-près. D'abord, quand il sort de table, il est toujours congestionné... il boit trop de vin... je le déteste.

MOISSAC

Il ne faut pas le détester: il fait des à-peu-près, il écrit des drames historiques, il aime le vin, il ne trouve rien de plus beau que les femmes, tout ça constitue un ensemble.

JUDITH

D'abord, c'est un raté. moi. j'aime qu'on réussisse.

MOISSAC C'est tout de même un type, croyez-moi. Un silence.

VOWENBERG

Judith, pourrais-je vous dire un mot?

JUDITH Mais, certainement.

On s'éloigne discrètement. On les laisse seuls.

VOWENBERG

Vous savez qu'un nouveau ministère est en train de se former et que Sagelier en fera certainement partie?

JUDITH Oui... Eh! bien?

VOWENBERG

Je voudrais être attaché au cabinet de Sagelier. Vous verrez Lazare Hœndelssohn, aujourd'hui?

JUDITH H doit venir me voir à quatre heures.

Alors, parlez-lui sérieusement, parlez-lui... il faut absolument que ça se fasse... Je n'ai pas besoin de vous dire pourquoi. Sagelier n'a rien à refuser à Hœndelssohn et, s ij marche à fond...

JUDITH

Soyez tranquille, il marchera.

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