‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 144 sur 203 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

Et, moi, je veux chasser tous ces beaux papillons Que votre jeune éclat attire en trop grand nombre, Et c'est pourquoi, bientôt, vous rentrerez dans l'ombre.

A RM AN DE.

Vous n'avez pourtant pas cette prétention...

MOLIÈRE

De vous mettre à l'abri de la tentation, Si fait!

ARM AN DE, frappant du pied et criant :

Non, non, non, non, je le dirai sans cesse, Vous n'avez pas le droit d'enfermer ma jeunesse; Est-ce que vous n'avez pas eu votre bon temps? Mais rappelez- vous donc, quand vous aviez vingt ans? Votre cœur était plein d'une large tendresse Que ne contentait point une seule maîtresse!

MOLIÈRE, avec hauteur.

Qu'allez-vous chercher là, Madame, et dites-moi En quoi cela peut-il vous regarder?

ARM AN DE

En quoi?

Vous devriez bien vous en douter, il me semble :

Et d'une voix plus basse :

Nous nous trouvons souvent quatre femmes ensemble, Le monde et le théâtre ont des couloirs étroits; Or, sur les quatre, vous en avez aimé trois, Avant que de m' aimer, trois, dont l'une est ma mère, Et l'on a mi-me dit que vous étiez mon père! (31)

MOLIÈRE, épouvanté.

Allez- vous-en, allez-vous-en... démon... serpent!

Madeleine Béjart, qui, sans doute, écoulait derrière la porte de sa chambre, intervient en m moment.

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