‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 200 sur 203 · DEUXIEME TABLEAU · texte numérisé non relu

DEUXIEME TABLEAU

Page 255. — '(29) Louis Poquelin, né le 19 janvicr;i664 et baptisé le 28 février. Le parrain était « Louis quatorzième, roy de France et de Navarre », et la marraine, Madame Henriette d'Angleterre, duchesse d'Orléans. Tenant pour eux le duc de Créqui et la maréchale Du Plessis. L'enfant mourut au mois de novembre 1665.

Page 255. — (30) L'Hôtel de Bourgogne était la maison rivale. La jalousie des grands comédiens, dont le chef était le gros Mon tfleury, avait commencé dès l'arrivée de Molière à Paris, le jour même de la représentation de Nicomède et du Docteur amoureux, au Louvre, devant le Roi. Le succès des Précieuses ridicules, de Sganarelle ou le Cocu imaginaire, de L'Ecole des marisne fit qu'augmenter cette jalousie; mais après le triomphe de L'Ecole des femmes, la rage des

grands comédiens contre Molière et ceux du Palais-Royal ne connut plus de bornes. Les deux théâtres échangeaient des p pièces : à la Critique de l'Ecole des femmes, l'Hôtel répondait pal te Portrait du Peintre, de Boursault. A L'Impromptu de Versailles dans lequel Molière contrefaisait devant toute la Cour Montfleury et ses camarades, ceux-ci ripostaient par L'Impromptu de r Ht' tel de Condé. Et on appelait cette petite guerre la guerre comique. Hais les calomnies dont l'Hôtel de Bourgogne était le foyer dépassaient le comique. On faisait déjà courir le bruit qu'Armande était coquette, que le poète était malheureux dans son ménage. Tant de fiel entre-t-il dans l'âme des cabots!

Oui bien, et même le gros Montfleury essaya de desservir Molière auprès de Louis XIV, comme nous l'aporend la lettre de Racine a l'abbé Le Vasseur. Décembre 1663 : « Montfleury a fait une requête contre Molière, et l'a donnée au Roi. Il l'accuse d'avoir épousé la fille et d'avoir autrefois couché avec la mère. Mais Montfleury n'est pas écouté à la Cour. »

Page 257. — (31) Calomnie abominable, mais qui fut formulée.

t On l'a crue fille de Molière, quoique depuis il ait été son mari; cependant on n'en sait pas bien la vérité^ « {La Fameuse Comidienne.)

TL.tda.ri*Élomirehypocondre, Élomire estl'anagramme de Molière, une grossière et perfide comédie qu'un Le Boulanger de Chalussay écrivit en 1670 pour venger les médecins, l'auteur fait dire à Élomire des choses comme celles-ci :

ÉLOMIRE Je ne suis point cocu, ni ne le saurois estre, Et j'en suis, Dieu merci, bien asseuré.

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