‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 37 sur 203 · ACTE DEC. MEME · texte numérisé non relu

ACTE DEC. MEME

NELI.Y.

Enfin, elle ne l'a pas inventé.

ROBERT, comme se rappelant tout ;i coup.

.\h! oui... c'est-à-dire qu'avant-hier, quand elle m"a nommé son nouvel amant, je ne sais pas comment ça s'est fait... c'est parti malgré moi... ouï. je crois que je lui ai donné une gifle.

NELI.Y, entre haut et bas.

Bravo !

OBERT, surpris.

Comment ?

NELLY

Je dis : Bravo, c'est parfait, vous allez bien! Voilà que vous battez les femmes, à présent... vous avez manqué d'élégance.

HUBERT

Oh! dans ces moments-là. l'élégance!

>'ELLY.

Alors, vous allez provoquer M. de Fréville... vous

êtes bien décidé... (Robert fait si-ne que oui.) Et sous

quel prétexte?

ROBERT

N'importe lequel.

NELLY

Vous croyez qu'on s'égorge encore sous n'importe quel prétexte, pour une bouffée de cigare, comme !a Restauration? Aujourd'hui, il en faut davantage, même pour échanger deux balles sans résultat. Il faut des raisons précises pour amener un homme sur le terrain. Quelles raisons donnerez-vous à M. de ille, à moins d'être odieux... ou ridicule? Et . en supposant, vous l'insultez, vous lui laissez "ix «les armes. Avez- vous jamais tenu une épée, seulement?

ROBERT

Non... mes moyens ne me permettent pas de prendre un abonnement dans une salle d'armes.

NELLY

Et il est de première force... il n'en abuserait pas; mais enfin, on ne sait jamais... un malheur est si vite arrivé.

ROBERT

Ça m'est bien égal.

KELLY

Ne dites donc pas d'enfantillages. Alors, vous êtes tout seul dans la vie?... personne ne s'intéresse à vous? je ne parle pas de moi, je ne compte pas, c'est entendu; mais votre maman qui n'a plus que vous... croyez-vous que cela lui serait égal, à votre maman?... Ah ! la dernière fois qu'elle est venue à Paris et que nous avons parlé de vous ensemble, j'ai bien pu voir comment elle vous aimait! D'ailleurs, je ne sais même pas pourquoi j'envisage cette éventualité, il n'y a qu'une chose à vous dire : vous n'avez pas le droit de compromettre une femme, voilà tout.

ROBERT

Alors, vous lui donnez raison?

KELLY

Non, je ne lui donne pas raison, mais elle est mariée, elle a une situation... une façade... c'est une femme du monde.

ROBERT

Ah! elles sont jolies, les femmes du monde!

NELLY

Ne généralisez donc j>as. Enfin, je vous dis, moi, que c'est impossible. Ecoutez, Robert, si vous ten-

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