‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 38 sur 203 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

tiez la moindre chose dans cet ordre d'idées, vous ne m'inspireriez plus aucune estime.

ROBERT

Oh!

C'est la vérité... J'ajoute que si vous avez un peu d'affection pour moi...

ROBERT

Un peu, vous savez bien, madame, que j'ai une profonde affection pour vous.

NELLY

Alors, vous allez me promettre de vous tenir tranquille. Vous me le promettez?

ROBERT

Oui.

NELLY

Oh! il faut me le dire mieux que ça... Allons, venez ici, près de moi... asseyez- vous là... vous me le promettez?

ROBERT

Je vous le promets.

NELLY

F.t puis, vous niiez lui rendre ses lettres... Pourquoi voulez-vous les garder?

ROBERT

Parce que c'est la seule chose qui me restera d'elle... et puis aussi, parce qu'elle a l'air d'y tenir.

NELLY

Alors, c'est de la taquinerie... Voilà un sentiment indigne du garçon gentil que vous êtes. Vous me les remettrez, ces lettres... il faut me les apporter demain matin.

vi. 7

ROBERT

Si vous voulez... et même son kimono et ses mules, si elle y tient.

NELLY

Ça, elle ne m'en a pas parlé... Allons, donnez-moi la main... C'est bien.

ROBERT, fondant en larmes.

Ali! patronne, patronne, je suis bien malheureux... Voyez-vous, je l'aime cette femme, je l'aime de toutes mes forces, de tout mon être; je ne vivais que pour elle, je rapportais tout à elle; elle était tout dans ma vie. Pensez donc, une femme comme ça! Tenez, il y aura juste demain un an que je l'ai vue ici, chez vous, pour la première fois... Je vous demande pardon, c'est ridicule de pleurer comme ça.

NELLY

Non, ce n'est pas ridicule, c'est bien naturel. J'aime mieux vous voir pleurer que de vous entendre proférer des menaces, des paroles de vengeance, comme tout à l'heure... c'est ça qui n'était pas beau. Mais, voyezvous, quand on a une grande douleur, il faut la projeter dans l'avenir. Un jour viendra où vous sourirez d'avoir pleuré, et ce jour-là n'est pas loin, parce que vous avez vingt ans.

ROBERT

Vingt et un.

NELLY

Ce n'était pas la peine de me reprendre.

Je n'oublierai jamais Adrienne.

NELLY

Un jour viendra où vos souvenirs ne seront plus les sables mouvants dans lesquels vous vous enlisez ei

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