ACTE DEI X1KME
NELLY
M; lis non, vous dis-je... jamais elle ne m'était appai ne réellement ce qu'elle est. comme tout à l'heure... il y a le bien et le mal, n'est-ce pas? elle est le mal, je vous assure, du moins une partie du mal dont nous souffrons... elle est des robes, des chapeaux, des dessous, de ince effrénée et, surtout, du couchage.
LE HAZAT.
Il Luit être indulgent : qui sait, si, dans d'autres ciriii. s. Ai lu. une n'eût pas été la femme d'un seul amour? Elle eût sans doute préféré un beau roman à une série .le nouvelles... pas bien neuves. Alors, je suis tombé en plein drame? Eh bien, j'avoue que je ne ■l'en serais jamais douté en entrant: vous faisiez de panda éclata de rire; votre amie avait l'air épanoui.
Oui, c'est comm-
LE HAZAY.
I décidément, je mourrai sans avoir compris les femmes.
NELLY, avec une sorte d'élan brusque.
II faut m'aimer beaucoup, vois-tu... il faut m'aimer bi.n. il faut que je me sente toute enveloppée par ton amour.
LE HAZAY.
Oui, cette scène ridicule avec Mme Destrié t'a iée. Justement j'étais venu, un peu avant le déjeuner, pour causer avec toi. Tu devrais bien me donner ta journée... parce que, demain, il faut que j'aille à Arras... j'ai reçu ce matin une dépêche du directeur de l'usine : nos ouvriers se sont mis en grève Alors, je demande un rendez-vous à leurs délégués... s'ils veulent bien me recevoir, toutefois... Dieu sait combien ça durera!... Alors peux-tu venir tantôt?
NELLY, avec une sorte de frénésie.
Oh! oui, je viendrai, oh! oui, je viendrai... oh! oui, je viendrai.
LE HAZAY, un peu étonné.
Il suffit que tu me le dises une fois.
NELLY
Je viendrai... je passerai quelques heures auprès de toi... et nous nous séparerons... et c'est toujours ainsi.
Ces quelques heures, tu l'as reconnu toi-même, sont parfois tellement chargées d'émotions, qu'elles colorent les autres heures où nous ne pouvons pas nous voir.
NELLY
Il y a des moments où je ne voudrais pas que tu me quittes.
LE HAZAY.
Ah ! tu le sais hien... si je n'avais pas auprès de moi une malheureuse femme qui passe sa vie sur une chaise longue, une créature innocente que je ne peux pas abandonner, que le mariage a blessée et qu'un divorce tuerait, nous ne nous quitterions pas., il y a longtemps que je t'aurais demandé d'être ma femme... Hélas ! je pense souvent que tu aurais pu aimer un homme qui fût libre.
NELLY
Je ne regrette rien.
LE HAZAY.
Toi-même, tu n'aurais pas voulu...
NELLY
Oh! non... oh! non... il ne faut pas faire de la peine