ACTE TROISIÈME lt
ROBERT
Oh! parbleu, il pourrait! mais il me racontera ses campagnes en Tunisie et qu'il a couché sous la tente et mangé du mouton pendant cinq ans; il me racontera aussi qu'à son lit de mort son père lui a fait jurer de no jamais prêter d'argent, et il s'abritera derrière la volonté d'un mourant.
LATRILLE.
C'est très malin!... Et si vous demandiez à la patronne?
C'est une femme... c'est bien délicat... Et puis, il me faudrait subir un de ces sermons!...
LATRILLE.
Ah ! si vous aviez voulu, vous en auriez eu de l'argent de ce côté-là... et sans sermons.
ROBERT
Ah! Fi donc! Vous ne parlez pas sérieusement, j'imagine... rien ne vous autorise...
LATRILLE.
Je sais ce que je dis.
ROBERT
Écoutez, Latrille, ne continuez pas... nous nous fâcherions.
LATRILLE.
Je plaisantais.
ROBERT
Il y a des plaisanteries que je n'admets pas, quand il s'agit de Mme Sandral.
LATRILLE.
Laissons Mme Sandral, si vous voulez... mais
vous êtes jeune, mon vieux, vous êtes joli garçon et vous tireriez parti de vos avantages physiques, je n'y verrais aucun inconvénient... Vous savez, mon petit Bayanne, que je prendrais bien une tasse de thé.
ROBERT
Oh! je vous demande pardon... j'aurais dû penser à vous en offrir... je vais sonner pour qu'on en apporte.
LATRILLE.
Ne vous dérangez pas... (n sonne.) Je ne peux pas vous dire à quel point ça m'ennuie de vous avoir fait acheter ces Wogel.
ROBERT
Oh! ne parlons plus de ça... Que voulez- vous? tant pis!
LATRILLE.
Je voudrais trouver un moyen de vous tirer d'embarras... Je vous ai dit que j'avais déjeuné, tout à l'heure, avec Maupeley.
ROBERT
Oui, vous me l'avez dit.
LATRILLE.
J'ai déjeuné avec un homme rudement embêté.
ROBERT
Ah! Pourquoi?
LATRILLE.
Pourquoi? Parce que Sandral a trouvé le moyen <!e faire du caoutchouc artificiel; du moins, il est sur la voie et bien près du but, paraît-il. Alors, ça tourmente beaucoup Maupeley... Il y a de quoi... Vous comprenez, pour lui, c'est la ruine.
Certainement... Sonnez donc encore, voulez-vous?