‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 154 sur 237 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

PHILIPPE

Vous mentez, taisez-vous, vous mentez.

GOTTE

Non, je ne mens pas... la preuve, c'est que son enfant, le petit Georges, que vous aimez tant, n'est pas le fils de Gaston Ardan. Si vou3 voulez des détails^ je

vous en donnerai. (Plullppe tombe accablé sous cette révélation, la tête dans ses maioâ. — Golte à cUc-même et comme un enfant :) Tant

pis... je ne vois pas pourquoi je l'épargnerais, pourquoi je me dévouerais, après tout. Eh bien, oui, oui, je la déteste, tant pis ! (Eiie va prèi de Philippe.) Je vous ai fait de la peine?

PHILIPPE

Ah! oui, voyez-vous, vous n'auriez pas dû me dire... vous m'avez fait mal.

GOTTE

Mon pauvre PhiHppe, je vous demande pardon, mais aussi, c'est votre faute... vous avez été cruel... il y a des choses qu'on ne dit pas à une femme qui a été votre maîtresse la veille : vous m'avez poussée à bout.

PHILIPPE

Vous vous vengez cruellement... c'est égal, vousn'auriez pas dû... Ah! non, je ne vous aimerai jamais... partez, partez, allez-vous-en de ma vie! Ah! nous pataugeons dans un sale cloaque. Tenez, j'ai tellement le dégoût de vous et de moi-même, que j'ai envie d'avouer tout à Hélène, votre infamie et la mienne, et nos mensonges àtous les trois... d'avouer comme on vomit, pour être débarrassé.

GOTTE

Mais vous n'avez pas le droit de faire ça... ce n'est pas votre secret, c'est le mien aussi. Phihppo, jurezmoi que vous ne lui direz rien... mais vous n'avez pas le droit, ça serait indigne d'un hojinno d'homirur... •Jurez-moi...

PHILIPPE

Je ne vous jure rien du tout. Comment, vous venez me faire une révélation effroyable, et vous voudriez que je ne lui en parle pas! Voyons, c'est impossible.

GOTTE, affolée.

Soit, en tout cas, vous n'avez pas besoin de me mêler à cette histoire-là. Arrangez-vous, inventez quelque chose, mais vous ne pouvez pas me compromettre, j'ai un mari, une situation. Philippe, il faut me jurer que vous ne me nommerez pas, quoi qu'il arrive.

PHILIPPE, la toisant.

Ah! comme vous avez peur! Vous n'êtes vraiment pas très brave.

GOTTE

Non, je ne suis pas brave; je suis très lâche, même... c'est entendu... Écoutez, dépêchez-vous... je crois qu'on a ouvert la porte... il faut me donner votre parole d'honneur.

PHILIPPE, impatienté.

Mais je vous la donne.

Et quelques secondes après, Hélène cntr'ouvre la porte de l'atelier.

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