ACTE TriOISiEME m
(Elle rit.) Ah ! ah ! je crois bien que mon amoureux me fait des infidélités... Figure-toi... en descendant de voiture, j'ai perdu ma jarretière, et c'est un jeune abbé, très gentil, ma foi, qui l'a ramassée et qui me l'a rendue, en me disant : « Ça ne vous arriverait pas, madame,
si vous portiez des jarretelles... (voyant que personne ne rit.)
Eh bien, je trouve ça très drôle. Et vous, Philippe, vous ne riez pas?
GOTTE
Ah! ma chère, je ne sais pas ce qu'il a aujourd'hui... mais il n'est pas dans ses bonnes... il n'y a que toi qui puisses le remonter. Je vous laisse... Ah! au fait, j'oubliais pourquoi j'étais venue. Je voulais te dire : tu n'aurais pas besoin de soie pour des jupons?
HÉLÈNE
Mais si, mais si, j'en ai toujours besoin.
Eh bien! tu sais, mon petit marchand de soldes, dont je t'ai parlé... il a en ce moment des occasions extraordinaires, des pékins et des brochés en toutes nuances, trois francs quatre-vingt-dix, on en a plein la main... pense donc, trois francs quatre-vingt-dix, et en soixante, ma chère!
HÉLÈNE
Oh ! ma chère, c'est pour rien.
GOTTE
N'est-ce pas? Seulement, il faut te dépêcher, si tu veux en profiter; ça s'enlève comme du pain. C'est pour cela que je voulais te provenir tout de suite. Tâche donc d'y passer aujourd'hui.
HÉLÈNE
Je te remercie : tu es bien gentille. J'y passerai en sortant d'ici.
GOTTE
Tu feras bien... Je me sauve... Je suis horriblement M. il
pressée... J'ai un tas de courses à faire... Au revoir,
mon chat... (Elle embrasse Hélène. A Philippe.) Au TCVOir, beaU
ténébreux... ne m'accompagnez pas... je connais les aises, comme dit ma femme de chambre.
Elle sort.