ACTE TROISIÈME
de ton départ; je m'imaginais être encore près de toi; je jouais, tu sais, Tair que nous aimons.
Elle jou8 depuis l'eadioit qui est oiarqué sur la partition, page 6i, lent, très calme et contemplatif, jusqu'à Charlotte et Werther paraissent à la porte du jardin. Pendant ce temps-là, Roger la regarde, il lui touche douccnieot l'épaule en disant :
ROGER
Arrêtez ! Ne vous fatiguez pas.
ANTOIA.
Mais ça ne me fatigue pas. Pourquoi me dis- tu cela, chéri?
ROGER
Parce que j'ai pitié de vous. Je pourrais vous laisser aller comme ça longtemps, et vous joueriez toute la partition; mais encore une fois j'ai pitié de vous.
ANTONIA, interdite.
Je... je... je ne comprends pas.
ROGER
Vous allez comprendre. Vous n'êtes pas seulement allée au Bois, pendant mon absence, près de notre petit lac mélancolique. N'êtes- vous pas allée aussi, 17, rue de Balzac?
ANTOMA, se levant.
Oui, en effet, j'y suis allée.
ROGER
Qu'y veniez- vous faire ?j ..;
ANTONIA
Je n'ai pas à répondre, du moment que vous m'avez fait suivre, espionner comme une domestique.
ROGER
Quand une femme telle que vous ment comme une mauvaise domestique, on a le droit, j'imagine, de la faire suivre.
ANTONIA
C'est un procédé que je ne qualifierai pas.
Zm L'AFFKANCHIE
ROGER
Oui, je sais, je sais. Il est entendu qu'un homme est une brute quand il agit envers une femme comme cette femme eût agi envers lui, dans des circonstances identiques, réciproques. Mais c'est fini, tout ça, c'est fini, il faut que ça change. D'ailleurs, je ne vous ai pas fait suivre, je répugne à ces moyens-là; je n'ai pas eu besoin d'aller chercher la preuve de votre trahison : on est venu me l'apporter; vous savez bien que les mauvaises nouvelles, tôt ou tard, viennent vous trouver sans qu'on se dérange. C'est Juhette, qui sort d'ici à l'instant môme, qui a suivi Pierre et qui l'a vu entrer, 17, rue de Balzac, dans un appartement où vous êtes venue le rejoindre, (un long silence.) Pourquoi avez- vous fait ça? Quand j'ai trouvé chez vous, la veille de mon départ, cette photographie de mon ami et que vous lu'avez raconté que c'était Juliette qui vous l'avait prêtée, vous avez fait un des mensonges classiques qu'aurait fait n'importe quelle femme dans cette circonstance. D'a,illeurs, le fait d'avoir découvert chez vous une photographie que vous dissimuliez me mettait dans mon tort vis-à-vis de vous. Somme toute, je prenais l'offensive, vous vous défendiez comme vous pouviez. Et qu'à ce moment-là, vous m'ayez déclaré de vous-même que vous aimiez mon ami, on ne peut exiger ça d'une femme; vous étiez déjà trop compromise pour faire un tel aveu. Mais, quand je vous ai demandé de médire si vous ne m'aimiez plus, pourquoi m'avez- vous fait des protestations passionnées ? Pourquoi cette comédie et ce batelage?
ANTONIA
Comment ?
ROGER
Oui,, ce batelage ; c'est étonnant comme les mots vous choquent qui définissent exactement vos façons d'agir. Pourtant je vous avais bien expliqué que c'était votre droit de ne plus aimer, de ne plus m'aimer, et vous