‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 46 sur 237 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

VÉTHEUIL

Mais moi, ça n'a pas d'importance, je ne la connais pas, cette Jamine... je la connais à peine, du moins... jo l'ai vue ce soir, je ne la reverrai peut-être plus jamais! Tandis que ce Ghérance, tout le monde sait qu'il te fait la cour, qu'il est très amoureux de toi et qu'il n'a qu'un but, c'est de... parfaitement. Il ne t'a pas quitt»^e des yeux, et cet imbécile de Ruyseux qui ne voit rien, qui laisse faire. J'avais envie de lui crier : mais remuezvous donc! vous êtes donc aveugle... vous êtes donc... je ne sais pas, moi.

CLAUDINE

S'il n'était pas aveugle, mon cher, vous ne seriez pas là.

VÉTIIEUIL.

Ce n'est pas à vous, ma chère, à me le faire observer.

(Uii -iiLMi 0, après lequel Véthcuil dit doucomcnt :) Claudine ! CLAUDINE.

Quoi?

VÉTHEUIL

Nous sommes très heureux; au fond, nous nous aimons, car tout ça c'est de l'amour et du meilleur. Tu sais parfaitement que je t'adore et que je me moquo d'Henriette Jamine et de toutes les femmes... Nous n'avons que quelques heures à passer ensemble, quelques minutes, et nous nous disputons!

CLAUDINE

Dame ! à qui la faute ?

A moi. Ça ne fait pas l'ombre d'un doute. Seulement, il faut être indulgente, il faut me prendre romme tu es... allons viens près de moi, faisons la paix.

CLAUDINE

C'est vrai, tu vous dis tout de suite drs choses blessantes, toi; un peu plus, tu m'aurais accusée d'ètro la maitresse de Chérance.

VÉTHEUIL

Mais non... j'ai dit seulement qu'il te faisait beaucoup la cour, ce qui est la vérité.

CLAUDINE

Allons donc! Il adore sa femme, il lui a fait cinq enfants et elle est encore enceinte.

VÉTHEUIL

Elle est enceinte?... alors c'est de toi... Mais qu'est-ce que ça prouve? Je no peux pas empêcher les gens de te trouver jolie et de te désirer, et du moment que c'est moi que tu aimes, je n'en demande pas davantage. Allons, mon vieux Claude, ne boude pas, ou alors tu serais au-dessous de tout. Il faut des petites scènes, comme ça... C'est entendu... C'est la règle, mais maintenant c'est fmi... au revoir, au revoir. Embrassonsnous.

Ui s'embrassent.

CLAUDINE

Dieu, que j'ai faim! Je meurs de faim. Figure-toi que j'étais tellement occupée à te surveiller que je n'ai presque rien mangé ce soir.

Tu vois comme tu es ridicule. Moi aussi, d'ailleurs, j'étais tellement occupé à te surveiller que j'ai à peine touché au dîner.

CLAUDINE, riant.

Sommes-nous bêtes ! Oui, mais c'est une bêtise qu'on peut réparer... je vais aller voir à la cuisine ce qui

reste.

VÉTHEUIL

Veux- tu que j'aille avec toi?

CLAUDINE

Non, non, ça serait trop long. Attends-moi, je reviens.

Elle disparaît.

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