‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 47 sur 237 · ACTE DEUXIÈME 7Î · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME 7Î

VÉTHEUIL, à la porlc.

Rapporte du pain surtout... du pain.

Resté seul, il débarrasse une petite table qu'il appioche piùs du fou, puis Claudine revient avec des provisions.

CLAUDINE

Voilà tout ce que j'ai pu trouver,., les domestiques n'ont pas touché à leur diner, mais ils ont presque fini le nôtre.

VÉTHEUIL

Ce qui prouve que ce qui restait de notre diner était meilleur que le leur tout entier.

Il ne reste plus que du filet froid, et des cerises déguisées.

VETHEUIL, sentencieux.

Il reste toujours des cerises déguisées.

CLAUDINE

Et puis il y a des truiïos; mais je crois que ça te fait, mal.

VÉTHEUIL

Oui, ça me fait mal, mais je me raisonne, j'en mange tout de môme. '

CLAUDINE

Par exemple, il n'y a pas de pain... Je n'ai trouvé que ça.

Elle montre un tout petit cioàton»

VÉTHEUIL

C'est piteux ! mais ça ne m'étonine pas, il n'y a jamais de pain.

CLAUDINE

Je n'ai pas apporté de serviettes ni de nappe, qu'e^stce que nous allons mettre sur la table ?

VÉTHEUIL

Nous mettrons nos coudes.

Tu crois ?

VÉTHEUIL

J'en suis sûr. Et puis pose ça au hasard, le Champagne sur la cheminée... pas de couvert surtout, pas de couvert! asseyons-nous tous deux sur ce pouf, nous serons plus près l'un de Fautre.

CLAUDINE

Alors nous allons manger sur le pouf.

■ ■♦ VÉTHEUIL

Oh! que tu es gentille!... Tiens, tends ton verre, et au moment où le bouchon partira, tu diras : « Dieu, que je m'amuse a.vec ces étudiants ! »

11 débouche U houtoille

CLAUDINE

Oh ! non, ne le fais pas sauter... ça réveillerait bébé.

VÉTHEUIL

Rassure-toi, mère admirable, je vais le faire sauter tout bas. (il lui verse à boire.) Eh bien?

CLAUDINE

Ah! oui, c'est vrai! Dieu, que je m'amuse avec ces étudiants ! Tu avais faim ?

VÉTHEUIL

Gomme du tigre.

CLAUDINE

C'est gentil de souper tous les deux auprès d'un bon feu, pendant qu'il fait froid dehors... Tu es bien?

VÉTHEULL.

Je suis divinement bien.

CLAUDINE

Dire qu'il y a des gens qui couchent peut-être dans la rue par un temps pareil I

VÉTHEUIL

Oui. Tout à l'heure, pondant que j'attendais, j'ai vu

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