SCÈNE V
SOINDRES, BOISDUGAND, LETESTARD, MExXKJElL PUIS LOUISE ET CHARLOTTE
LETESTARD.
Mon cher maître, nous avons fini.
SOINDRES.
Eh bien? Vous avez les courbes?
Oui, voici celle de Louise.
MENKJER.
X'oici celle de Charlotte.
SOINDRES.
Oh ! Charlotte a une sale courbe.
LETESTARD.
Oui, c'est bien ce que vous aviez pensé. C'est Louise qui est la plus intelligente... n'est-ce pas, Menkjer?
MEMCJER.
Oh ! beaucoup.
SOINDRES.
\'ous avez fait également l'expérience du mot à l'idée?
LETESTARD.
Oui.
SOINDRES.
\ ous avez pris tous deux les mêmes mots, naturellement.
MENKJER.
Les mêmes mots.
LETESTARD.
Voici les réponses de Louise.
SOINDRES, examinant le papier que lui a tendu Leteslard.
Bien... bien... Pourquoi géranium? (Letestard lui dit quelques mots à voix basse.) Parce qu'elle a un chapeau garni de géraniums; port de mer, c'est probablement le souvenir du bain qu'elle a pris.
LETESTARD.
C'est cela môme.
SOINDRES.
Vous le lui avez demandé?
LETESTARD.
Oui... oui.
SOINDRES.
Monsieur Menkjer, vous avez les réponses de Charlotte?
MENKJER.
Les voici.
SOINDRES.
Ah! ça, c'est curieux par exemple.
BOISDUGAND.
Quoi donc?
SOINDRES.
Les réponses de Charlotte sont curieuses. Vous savez en quoi consiste cette expérience du mot à l'idée. On dit un mot au sujet... par exemple, chapeau, et dans la seconde, enfin, dans le plus bref délai possible, le sujet doit répondre un autre mot. C'est une expérience qui sert à mesurer à la fois l'attention et la rapidité d'association. Eh bien! on dit à Louise : armoire, elle répond : à glace; ce n'est pas transcendant, mais enfin, c'est logique... on lui dit : chapeau, elle répond : géranium, à cause qu'elle a un chapeau