ACTE DEUXIÈME
JEAN
Mais, si je l'écoutais, nous serions toujours seuls : elle déteste le monde... elle y apporte une intransigeance qui fait le vide autour d'elle. Elle ne veut recevoir que des femmes honnêtes et des hommes honorables... Si ça continue, nous ne verrons plusr personne... oui, nous ne verrons plus que la famille, c'est gai.
CHRISTIAN E
.Merci.
JEAN
Je ne dis pas ça pour vous qui êtes charmante. Alors, je m'ennuie! je m'ennuie! ! Ah! vous ne pouvez pas savoir à quel point je m'ennuie!
CHRISTIAN E
Allons, vous ne dites pas lo fin mot : vous êtes^ amoureux de Mme Hurtz.
JEAN
Oh ! pas du tout.
CHRISTIANE
Avec ça... vous êtes en admiration devant elle... vous vous affichez... on vous rencontre tout le tempsensemble. Elle n'est pourtant pas bien séduisante.
JEAN
Beaucoup de gens ne sont pas de votre avis.
CHRISTIANE
Parce qu'elle se coiffe d'une façon étrange... vous avez ses bandeaux sur les yeux. Mais c'est une femme de lettres, un numéro que voas n'avez pas encore eu!
JEAN
On ne les a jamais tous... la suite des numéros est illimitée.
CHRISTIANE
Pas moins, celui-là vous attire, vous éblouit. Elle est en vue, on parle crelle; vous autres hommes, pour que vous aimiez une femme, il faut qu'elle soit publique de quelque manière. Ça vous flatterait qu'on dise de vous : il est l'amant de Wanda Hurtz!
Allez! Allez!
CHRISTIANE
Je vais, je vais. Eh bien, mon pauvre ami, vous perdez votre temps, vous ne serez jamais son amant.
JEAN
Parce que?
CHRISTIANE
Parce que c'est une femme qui n'aime qu'elle-même, c'est facile à voir; elle vous attelle à son char, comme tant d'autres, mais comme à tant d'autres, elle ne vous accordera pas ça.
JEAN
Pas ça?
CHRISTIANE
Pas ça! D'abord elle n'a aucun tempérament... de plus, une peur horrible d'avoir des enfants; de sorte que, si vous vous promettez avec elle des heures passionnées, vous pouvez en faire votre deuil.
JEAN-
Vous me surprenez.
CHRISTIANE
Oh! je sais bien, que je vous surprends.
JEAN
C'est sans doute Le Graffîcr qui vous a donné sur