‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 43 sur 227 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

GALBRUN.

Et vous en concluez?...

CÉCILE

Qu'on était sans doute sortie rue Arsène-Houssaye... et, comme vous étiez dans le quartier...

GALBRUN.

C'est très méchant ce que vous dites-là. Justement vous vous trompez... Je ne viens pas de la rue Arsène- Houssaye. ..je viens de chez une dame à qui il est arrivé

; une aventure singulière. Figurez-vous qu'il y a neuf

i mois elle s'était crue enceinte...

CÉCILE

Oui, oui...

GALBRUN.

Et depuis cinq mois elle était étendue sur une chaise longue, en des peignoirs ravissants, des matinées...

CÉCILE

Musicales et littéraires.

GALBRUN.

Très joli !... et elle faisait de la dentelle. Elle en a fait cent mètres, au bout desquels elle a accouché, vous ne devineriez jamais de quoi?

CECILE

D'une souris.

GALBRUN.

Pas même... de rien du tout... C'était une grossesse nerveuse.

CÉCILE

La mère et la dentelle se portent bien. Elle a de quoi garnir ses jupons. C'est encore assez fréquent ces grossesses nerveuses, n'est-ce pas, monsieur Soindres?

SOINDRES.

Oui madame... cliaque année on en observe quelque cas.

CECILE

Attendez donc... On m"a déjà raconté cette histoirelà; c'est une dame qui demeure aux Champs-Elysées.

GAI.CRUN.

Oui

CECILE

Son mari est ù la Bourse.

GALBRl.N.

C'est ça même.

CÉCILE

Une personne très belle.

GALBRIN.

Très....

CECILE

Belle comme une oie et méchante comme cent diables.

GALBRIN.

Toutes les femmes ne peuvent pas être bonnes comme vous.

CÉCILE

Oh ! je vous demande pardon... j'oubliais que...

GALBRIN.

Madame...

Nous n'avons nommé personne. D'ailleurs, vous ne vous en défendez pas: cela fait honneur à votre discrétion.

Page 1