‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 73 sur 227 · ACTE TKOISIKMK · texte numérisé non relu

ACTE TKOISIKMK

j'avais apporte mon âme ol ma chair <ie vierge m'a trompée, parce que mes iJlusiuns déchirOes, parce que irion cœur meurtri, oui, pendant longtemps, j'ai été une coquette, par vengeance, par orgueil et aussi par prudence, par crainte de sdulTrir encore, comprenezvous? Mais, au fond de moi-même, obscurément, j'attendais l'homme que vous êtes, un homme, pour redevenir la femme que j'étais... une femme, et c'est cette femme-];") qui vous parle en ce moment et qui vous aime.

SOI.NDRES.

Ali! Cécile, Cécile, dites-vous la vérité ou bien avez- \uus seulement pitié de moi?

CKCII.E.

.Non, vous pouvez, vous devez me croire. Devant la gravité de votre amour, le mensonge le plus charitable aurait toujours la cruauté du mensonge. J'ai pu, dans le commencement, m'amuser de vos sentiments, mais le jeu a bien vite cessé. Lorsque vous êtes parti, il y a deux mois, j'ai comi>ris que je vous aimais. J'ai soudain senti en moi un vide incomblable, j'ai connu l'immense ennui, les lourdes écluses se sont ouvertes et l.t mélancolie a envahi mon cœur.

SOINDRES.

Cécile, comment avez-vous pu ne pas me dire plus tôt des choses pareilles!

^'ous étiez parti.

SOINDRES.

Happelez-vous, ce jour-là, vous m'avez parlé si durement.

CÉCILE

J'étais dans mon tort, mettez-vous à ma place; mais, lorsque je vous ai revu ici. pendant ces quinze

jours où vous ne m'avez pas adressé un regard, une parole, je n'étais plus moi-même, vous m'agaciez, vous m'irritiez, et je vous détestais.

SOINDRES/j

C'est vrai, vous me détestiez?

CÉCILE

Oui, et jene vous dis pas cela pour vous bercer et pour vous consoler... Vous savez le reste. Mais, vous aussi, vous avez eu de l'amour-propre et de l'orgueil. Ah! lorsque vous avez évoqué ce fameux soir où le soleil se couchait derrière la Côte d'Or, si vous m'aviez dit simplement : « J'aurais voulu ce soir-là que vous fussiez auprès de moi et que la nuit descendit sur nos mains jointes», je ne me serais pas mise en frais d'imagination pour vous vanter les mérites de M. Galbrun qui, d'ailleurs, n'en a aucun. En voilà un qui n'existe pas! Oui, vous avez eu de l'amour-propre, et de l'orgueil, et du dépit, et de la coquetterie, tout ce que vous me reprochez, car vous avez fait un peu la cour à mon amie Suzanne; mais je vous comprends et, comme j'ai eu les premiers torts, je vous pardonne, ce qui est bien la preuve que je vous aime. De vous avoir parlé tout à l'heure sur la terrasse, j'étais toute frémissante. Je suis remontée dans mon appartement, j'ai essayé de lire, d'écrire. Je ne le pouvais pas. Je pensais éperdument à vous... Je ne pouvais pas me décider à me coucher. Je ne vous attendais pas, mais j'avais le vague pressentiment et le doux espoir que vous viendriez. Et lorsque je vous ai aperçu derrière moi, il m'a fallu toute ma présence d'esprit pour être surprise. A vrai dire, j'ai été surprise que vous entriez par la fenêtre, lorsque la porte était ouverte. Voyez, je n'étais pas enfermée.

Et, en effet, elle lui moiilre que la porte n'était pas fcrnioe à clof. SOINDRES, se jetant à ses genoux.

Ah ! ma chère petite Cécile, vous êtes la meilleure, la

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