ACTE PREMIER
HIRONDELLE
Et au moyen. Viens donc, ô Rosée, nous promener aux bords de la mer violette, et, accompagnée par le chant monotone des flots berceurs, je te réciterai cette ode de la divine Sappho, qu'elle composa pour la courtisane égyptienne Rhodopis.
Rhodopis, ton amant est comme Un dieu: son lonheur me courrouce.
Quand je pense que c'est un homme Pour qui ta voix se fait si douce,
Et que c'est Charaxos, mon frère, Qui possède ta chair superbe, Et ta Beauté dont fêtais fière, Je deviens plus verte que Vherle.
Mes yeux se troublent, mes oreilles S'emplissent de murmures vagues Et de grandes rumeurs pareilles Au bruit que fait le choc des vagues.
Et voilà qu'une sueur froide Inonde tout mon corps qui tremble.
Puis, je reste sa7is souffle, et froide Ainsi qu'un cadavre, il me semble Que je meurs! que je meurs!
Elles disparaissent.
Les portes du temple s'ouvrent: les femmes sortent, se répandent sur la place, forment des groupes, se dispersent.
178 LYSISTRATA