‹ ThéâtreChapitre 142 sur 185 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

autres femmes: c'est pour la jeune fille de ne rien accorder avant le mariage, pour la courtisane avant l'argent et pour la maîtresse avant ce qu'elle veut obtenir. Or je désire la paix... Voilà mon dernier mot. Rends-moi mon manteau... tu ne veux pas? eh bien, je rentre... je ne veux pas m'enrhumer pour tes beaux yeux. (Elle ouvre la porte et parle au chien.) Allons! Socrate... oui! tu es un bon chien... Oh! comme il l'aime, sa mère. (A Agathos.) Adieu.

AGATHOS Lysis!

LYSISTRATA

Quoi?

AGATHOS Tu es bien décidée?...

LYSISTRATA Absolument.

AGATHOS

Parfait... tu comprends que je ne vais pas rentrer comme un niais au logis. Il ne manque pas de maisons où je rencontrerai des femmes plus aimables que toi.

LYSISTRATA

Des femmes tout à fait charmantes même: il suffit d'y mettre le prix.

Et même sans ça.

AGATHOS

Ah! quand on est beau garçon, ça modifie les conditions des transactions, c'est évident.

LYSISTRATA

AGATHOS

Oui... je vais aller chez Salabaccha... on s'amuse chez elle... j'arriverai en pleine fête... et j'y retrouverai ton mari, et peut-être aussi Socrate, l'autre, je serai en famille.

LYSISTRATA Tu ne vas pas y aller avec mon manteau, je suppose?

AGATHOS, lui tendant son manteau.

C'est vrai, je n'y pensais plus. Adieu.

LYSISTRATA

Eh bien, va! mais si tu mets les pieds chez cette femme, tu ne me revois plus,

AGATHOS Entendu.

LYSISTRATA Adieu. (Elle suit du regard Agathos qui s'en va, puis, lorsqu'il est presque au fond de la scène' elle court après lui.) Misérable! eh bien, non, tu n'iras pas: je ne veux pas que tu y ailles. Ah! tu prends facilement ton parti de ne pas m'avoir.

AGATHOS H le faut bien.

LYSISTRATA

Oui, voilà comme tu me récompenses de mon amour et de t'avoir attendu sept mois dans la tristesse et dans les larmes. Tu es lâche et égoïste comme les autres... et c'est pour un tel homme que j'ai risqué à chaque instant mon nom, ma réputation, mon honneur, tout enfin. Et après tout mon dévouement et toute ma tendresse, aujourd'hui tu abuses de ce que je ne peux pas être à toi. Tu n'es qu'une brute odieuse.

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