‹ ThéâtreChapitre 168 sur 185 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

LYCON Comme ces étoffes sont douces!

SALABACCHA

Je ne porte que des tuniques de soie... c'est plus doux à la peau.

LYCON

Ma femme n'a pas des dessous si élégants: elle porte de simples tuniques de lin. Heureux l'amant d'une créature telle que toi.

SALABACCHA

Des tuniques de soie ne font pas le bonheur, cher Lycon ; mieux vaut un cœur qui vous aime.

LYCON

0 Salabaccha, ainsi que les nuées qui s'élèvent des abîmes mugissants de l'Océan et qui voilent l'éclat du soleil, ainsi ta souple et fine tunique me voile l'éclat de ton corps divin et la splendeur de ta chair ardente, mais de même que le soleil nous réchauffe à travers les nuées, ton corps me brûle à travers l'étoffe légère.

SALABACCHA A bas les mains... Regarde, mais ne touche pas.

LYCON

Crois-tu donc que je sois comme Phidon qui ne demande qu'à jouir de ses yeux...

SALABACCHA Et mon serment, tu veux donc que je me parjure?

294 LYSISTRATA

LYCON Je prends tout sur moi; ne t'en inquiète pas.

SALABACCHA Étends-toi sur ce lit et dors.

LYCON

0 divine reine de Cypre, de Paphos et de Cythère, vois mes souffrances, et toi, ma belle maîtresse aux cheveux de ténèbres, tu n'auras donc pas pitié de moi.

SALABACCHA Je suis liée par un serment inviolable.

LYCON Prends garde; par les déesses, je le jure, toi ou ton serment, l'un de vous deux sera violé tout à l'heure.

SALABACCHA Le rêve de ma vie ! Quoi, tu me violerais ?

LYCON Oui, par Cypris, si tu continues à m'enflammer de la sorte.

Ah! par Art émis, ne me tente pas.

Et rattachant le bandeau de son podéion, elle laisse voir sa jambe.

LYCON C'est donc toi qui l'auras voulu.

Il se jette sur elle.

SALABACCHA, criant.

Au secours... accourez tous, mes amis... Ah! ah!

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