ACTE troisièmp
PHILINNA
Allons, mes amies, enlevons nos tuniques!
CYNNAH Si tu approches, je te jure que tu ne mangeras plus d'ail, ni de fèves noires,
SALABACCHA Par Castor, mes chères amies, remettez vos tuniques.
PHIDON C'est dommage.
SALABACCHA Ne voyez-vous pas qu'ils sont ivres, (Montrant Lycon.) Regardez, cette figure empourprée, cette couronne grotesque. Allez vous coucher, ivrognes, allez cuver votre vin. Esclaves, qu'on apporte des torches et qu'on les reconduise chez eux, en les soutenant sous les bras, sans quoi ils vont choir en route comme des Silènes.
CLYSTHÈNE
Ah! Circé... tu les as changés en pourceaux.
On apporte les torches; les soldats s'en emparent.
LYCON
Allons, Acestor, Theorus, Dercyle, Cynésias, brûlons de nos propres mains ces coquines.
Oui, il faut châtier leur impudence.
Écoutez-les: ils veulent nous brûler vives. Esclaves, apportez des cruches remplies d'eau, et vous, Philinna,
298 LYSISTRATA
Cynnah, Glycère, Myrtale, que chacune de vous se saisisse d'une cruche et, s'ils approchent, inondons-les.
Les esclaves apportent les cruches.
ACESTOR As-tu fini tes croassements, vieille corneille.
LYCON Mettons le feu à leurs robes légères et qu'elles flambent comme de jeunes arbres frappés par la foudre.
MYRTALE Approche donc, vieux bouc, je te prépare un bain pour te décrasser.
ACESTOR Un bain pour toi, chienne immonde!
DERCYLE Brûlons-leur les cheveux.
SALABACCHA Mouillons-leur la tête!
Les femmes jettent le contenu de leurs cruches sur les soldats.
LES SOLDATS, prenant la fuite.
Ah! ah! finissez...
CLYSTHÈNE L'eau est-elle bonne?
THEORUS Bonne, grands dieux! Assez, assez.
Épargnons-les et qu'ils aillent dire aux autres Athéniens comment les courtisanes tiennent leur serment.
RIDEAU