‹ ThéâtreChapitre 62 sur 185 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

C'est vrai, vous n'êtes jamais venue ici... Et à quoi dois-je le plaisir de votre visite?

JAMINE Vous ne devinez pas?

VÉTHEUIL Non.

JAMINE J'ai vu Claudine.

VÉTHEUIL Ah!

JAMINE Elle est triste.

VÉTHEUIL

Je ne suis pas gai... mais à qui la faute, ce n'est pas à moi, assurément.

JAMINE Voyons, vous n'avez pas été très gentil avec elle.

VÉTHEUIL Elle vous a dit que je la battais?

JAMINE Non, mais vous la rendez très malheureuse.

VÉTHEUIL

C'est elle qui se rond très malheureuse. Enfin, qu'est-ce qu'elle vous a dit ?

JAMINE

Elle m'a dit qu'il y avait eu une scène terrible, que vous étiez parti furieux et que, depuis deux jours, vous n'aviez pas reparu,

C'est vrai, il y a eu une scène terrible, mais stupide surtout, stupide.

JAMINE A propos de quoi?

VÉTHEUIL

Vous ne devineriez jamais... je vous le donne en mille... à propos d'une promenade à cheval.

JAMINE Elle n'est pas jalouse de votre cheval, j'imagine?

VÉTHEUIL

Non, mais quand je vais au Bois, le matin, il y a certaines allées qui me sont défendues, sous prétexte que je peux rencontrer des dames.

JAMINE A ce point-là?

VÉTHEUIL

Oui, c'est fou, je vous dis; alors, avant-hier matin, j'ai enfreint les ordres... on m'a vu aux Acacias... c'est une des allées qui me sont défendues...

JAMINE Je crois bien, les Acacias!

Page 1