ACTE TROISIÈME
C'est vrai, vous n'êtes jamais venue ici... Et à quoi dois-je le plaisir de votre visite?
JAMINE Vous ne devinez pas?
VÉTHEUIL Non.
JAMINE J'ai vu Claudine.
VÉTHEUIL Ah!
JAMINE Elle est triste.
VÉTHEUIL
Je ne suis pas gai... mais à qui la faute, ce n'est pas à moi, assurément.
JAMINE Voyons, vous n'avez pas été très gentil avec elle.
VÉTHEUIL Elle vous a dit que je la battais?
JAMINE Non, mais vous la rendez très malheureuse.
VÉTHEUIL
C'est elle qui se rond très malheureuse. Enfin, qu'est-ce qu'elle vous a dit ?
JAMINE
Elle m'a dit qu'il y avait eu une scène terrible, que vous étiez parti furieux et que, depuis deux jours, vous n'aviez pas reparu,
C'est vrai, il y a eu une scène terrible, mais stupide surtout, stupide.
JAMINE A propos de quoi?
VÉTHEUIL
Vous ne devineriez jamais... je vous le donne en mille... à propos d'une promenade à cheval.
JAMINE Elle n'est pas jalouse de votre cheval, j'imagine?
VÉTHEUIL
Non, mais quand je vais au Bois, le matin, il y a certaines allées qui me sont défendues, sous prétexte que je peux rencontrer des dames.
JAMINE A ce point-là?
VÉTHEUIL
Oui, c'est fou, je vous dis; alors, avant-hier matin, j'ai enfreint les ordres... on m'a vu aux Acacias... c'est une des allées qui me sont défendues...
JAMINE Je crois bien, les Acacias!