ACTE CINQUIEME
mais c^est le vent... Oh! n'ouvrez jamais les fenêtres ! — Il faut que ce soit le vent... Il y avait des vautours aveugles dans le vent cette nuit !
— Mais ne laissez pas traîner ses petites mains sur les dalles... Vous allez marcher sur ses mains !
— Oh ! oh î prenez garde !
I*A NOURRICE
Venezj venez. Il faut se mettre au lit. 11 est temps* Venezj venez.
LE ROr.
Oui^ oui; oui, il fait trop chaud ici... Eteignez les lumières; nous allons au jardin ; il fera frais sur la pelouse^ après la pluie î J'ai besoin d*un peu de repos*,. Oh I voilà le soleil !
Le B{f leU entre dans là chvnbre .
LA NOURRICE-
Venez^ venez ; nous allons au jardin,
LE ROI
Mais il faut enfermer le petit Ali an ! Je ne veux plus qu'il vienne m ^épouvanter !
LA NOURRICE
Ouij ouij nous l'enfermerons. Venez^ venez.
LE ROI-
Avez-Tous la clef?
Oui; venez.
LE ROI
Oui, aidez-moi... J'ai un peu de peine à marcher... Je suis un pauvre petit vieux... Les jambes ne vont plus... Mais la tête est solide...
Sappuyant sur la nourrice. Je ne VOUS f ais paS mal ? LA NOURRICE.
Non, non, appuyez hardiment.
LE ROI
Il ne faut pas m'en vouloir, n'est-ce pas ? Moi qui suis le plus vieux, j'ai du mal à mourir... Voilà ! voilà ! à présent c'est fini î Je suis heureux que ce soit fini ; car j'avais tout le monde sur le cœur.
LA NOURRICE
Venez, mon pauvre Seigneur.
LE ROI
Mon Dieu ! mon Dieu ! elle attend à présent sur les quais de l'enfer !
LA NOURRICE
Venez ! venez !
LE ROI
Y a-t-il quelqu'un ici qui ait peur de la malédiction des morts ?
Oui, Sire, moi...