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GRANDE SULTANE

DONA CATHALINA D'OYIEDO

COMÉDIE EN TROIS JOURNÉES

Le sultan Mourad se rend à la mosquée. Tout le monde s'incline sur son passage. On lui présente des placets que ses pages enferment dans des sacs de soie. Six mille soldats forment son escorte. Le renégat Robert, resté seul avec Salée, autre renégat, lui dit qu'il va finir de lui conter une histoire qu'il a commencée la veille.

Il vient à Constantinople pour chercher un jeune homme dont il fut le gouverneur.

— Ce jeune homme est follement épris de Clara, la fille d'un gentilhomme que lu connus à Prague, chevalier de l'ordre teutonique. Ne pouvant obtenir sa main, il enleva la jeune fille. Mais dans leur fuite ils furent pris par des Turcs de Rocaferro. Moi, poltron et traître, je ne le nie pas, je les abandonnai pour m'enfuir. Le père de Clara offrit vainement une forte rançon pour qu'on lui rendît sa fille. Elle avait été vendue au Grand Turc. Je suis venu à Conslan-

tinople sous ce costume grec pour apprendre des nouvelles de Clara et de Lamberto.

— Nous saurons quelque chose, lui répond Salec, par un eunuque du sérail qui est mon ami.

Ils sortent et font place à Rustem et à Mami, deux eunuques du sérail. L'un accuse l'autre d'avoir soustrait aux regards du sultan Mourad une belle captive espagnole. 11 va le dénoncer comme un traître, et il le fera empaler.

Cette femme dont parle Mami est doua Gathalina d'Oviedo. Le sultan, conduit près d'elle par Mami, la trouve d'une beauté merveilleuse. Il va la visiter le soir même au sérail où il l'a fait conduire. Il revient enflammé d'amour pour la belle chrétienne. Tout son empire lui sera soumis. Peu lui importe qu'elle soit chrétienne ou turque. Elle deviendra son épouse et dès aujourd'hui elle est la Grande Sultane. Le Turc parle à sa belle comme Amadis de Gaule :

En mis discursos entro Pues amor me dà licencia, Yo soy tu circunferencia, Y tu, seuora, mi centre.

Des corsaires ont capturé un Espagnol nommé Madrigal, Le cadi lui laisse le choix entre le mariage ou la mort. Il demande deux jours de réflexion. Madrigal persuade au cadi qu'il descend en droite ligne d'Apollonius de Tyane, lequel entendait la langue des animaux et pouvait converser avec eux. Il offre d'apprendre le Turc, en dix ans, à l'éléphant du Grand Seigneur. S'il ne réussit pas, il consent qu'on l'empale, qu'on le brûle ou qu'on le coupe par morceaux. Le crédule cadi accepte l'épreuve. Pourtant il fait cette réflexion : Mais, sais-tu le turc ?

— Non, répond Madrigal.

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