PROLOGUE
vement, le faste, la grandeur des comédies de Luiz Velez de Giievara ; celles qui restent encore en patois de cet esprit fin api)elé Don Antonio de Galarza, et celles que promettent les Supercheries d'amour de Gaspar d'Avila. Tor.s, avec le concours de quelques autres, ont aidé le grand Lope à élever son vaste édifice.
Il y a quelques années, je retournai à mon ancienne oisiveté, et, pensant que durait encore le temps où l'on chantait mes louanges, je revins à composer quelques comédies. Je ne trouvai pas d'oiseaux dans les nids de l'année précé-, dente, je veux dire que je ne trouvai pas de directeurs qui me les demandassent, quoiqu'ils sussent bien que je les avais écrites, et alors je mis mes comédies dans un cofl"re et les condamnai à un silence éternel. Un libraire me dit alors qu'il me les aurait bien achetées si un auteur en litre ne l'avait assuré que de ma prose on pouvait beaucoup attendre, mais de mes vers, non. S'il faut parler vrai, il est certain que cette parole me donna beaucoup de chagrin, et je dis à part moi : « Ou je suis bien changé, ou les temps se sont bien améliorés, contrairement à l'usage; car on loue toujours le temps passé. » Je jetai les yeux sur mes comédies et sur quelques-uns de mes intermèdes abandonnés avec elles dans un coin, et je vis que tout cela n'était pas assez mauvais pour ne pas mériter de passer des ténèbres de l'esprit de ce directeur à la lumière d'autres moins scrupuleux et mieux entendus. Je pris mon parti et je vendis le tout au libraire, qui l'a édité comme je l'ofi're ici. Il me paya raisonnablement; je touchai mon argentavec délicessansavoir à me quereller avec les acteurs. Je voudrais que ces pièces fussent les meilleures du monde, ou au moins sensées. Tu le verras (mon lecteur). Si tu trouves qu'elles* contiennent quelques bonnes choses, et si tu rencontres mon directeur médisant, dis-lui qu'il s'amende, car, après tout, je ne fais