C.ÉnONTE
()iu^ me chiint('-;-lu là?
].V. TP.ICOP.NE 1:NCHV>TK. 24λ
FRONTI.N.
Rien que de positif.
Avec iitleution examinez ce feutre.
GÉRONTE
Il est d'un poil douteux et d'une teinte neutre.
FÎÎOMIX.
Dites qu'il est déteint, bossue, crasseux, gras; ()ue le soleil, la pluie et les ans l'ont fait ras; .r(>u conviens. >fais.jain;iis sur la terre où nous sommes, [lepuis les temps anciens que se coiffent les hommes, l'.ien qu'il .soit déformé, sans ganse et tout roussi. Il n'exista chapeau pareil à celui-ci !
GKRO.NTE.
J'en ai vu d aussi hiids, mais non pas de plus sales!
FRONTIN
b\m pensez-vous qu'il vienne?
GÉROME
Eh ! des piliers des halles!
FROMI.N.
1 i donc! c'est le chapeau de Fortunatus.
GKRONTE.
FROMIX.
(la! le chapeau qui rend invisible. Il passa
Dans nii-s mains par un tas de hasards incroyables,
D'événements trop vrais pour être vraisemblables.
GKRONTE.
Quand on a ce chapeau sur la tèfe, dis-tu. Personne ne vous voit?
FROiMLN.
Oui, telle est sa \ertu.
Grr.oNTE.
J'ai confiance en toi... Mais je ne puis te croire; Un tel prodige veut une preuve notoire.
FRONTI.N.
Vous l'aurez.
GÉRONTE
Sur-le-clianip?
FRONTIN
Tenez, regardez bien...
GÉRO.NTE.
Oui... oui...
FR0MI>', iiassanl derrière Géroiile, el le tenant par la biisquo de son lialiil.
Le tour est fait. — Que voyez- vous? Plus rien.
GÉRONTE
Ofi donc est-il passé? C'est incompréhensible!
FROiNTI.N, même jeu.
Nulle part; je suis là, devant vous, invisible.
GÉROME
Tl faut que je te trouve absoluiiient.
i,i; iiucukm; enchante. Toi
FROMIN, mOme jeu.
Glierclioz, Gros liomnie !
GÉr.OiME.
.Je n'ai pas pourtant les yeux bouchés.
FROMTKN, inèmo jeu.
Je le lui doinie en cent. Je le tiens par la basque
De son habit ! Monsieur, vous courez comme un Basque,
Ménagez-vous.
GÛlONTE.
Prodige étrange à concevoir !
11 est là qui me parle, et je ne puis le voir! Oii donc es-tu, Frontin? A gauche?
FRONTIN, mûmejeu.
Non, à droite.
GÉROME
Par ici?
FRONTIN, iiièmc jeu.
Non, par là. — Va, marche; je t'endjoite !
CLROiME.
Oui! je suis tout en nage!
FKOISXIN.
Êtes- vous satislait?
Ètes-Yous convaincu pleinement?
GÉROME
Tout à l'ail.
252 TIIÉ.VTRE.
Or çà, reparaissons.
llpas^e (levant C.i^roDlL'.
GÉRONTE
.lo te vois à morveilk'.
FliOMIN.
Pardieii !
GÉROiNTE.-
C'est étonnant ! je ne sais si je veille. Ou si je ilors. — Venx-tu me donner ce chapeaii ?
FROMIN.
-le voudrais bien, monsieur, vous en laire cadeau : Mais, vraiment, jenepuis...Cechapeau. c'est nioni^ite. Ma cave, ma cuisine...