GÉU0>TE
Il te sert de marmite !
Je ne suis plus surpris alors qu'il soit si gras! Fait-il de Ijou bouillon?
FRONTIN
Vous ne ctimpienez pas.
Ouaad l'iieuie du diuir me carillonne au veulrc, J'enlbnce mon castor jusqu'au sourcil cl j\'ulr>' Chez fjnelque rôtisseur, invisible pour tous. Là, parmi les poulets, colorés de tons roux, J'avise le plus blond, je le prends et le mange. Les pieds sur les clienets, où nul m- me dérange.
i.f: tricorne e^chamé. 253
Puis au bouchon voisin, pour arroser mon rùl, Je sal)lc du meilleur, s ins payer mon écot.
gi'roiste.
C'est merveilleux!
FROMIN.
J'en use avec la friperie Comme avec la taverne et la rôtisserie. Demandez-moi mes yeux, demandez-moi ma peau. Ma femme, mes enfants, mais non pas mon chapeau.
GÉRONTE
De ce feutre coiffé, qu'il me serait facile De savoir ce que font Yalère et ma pupille !
FROl^■TI^.
Pour un tuteur hors d'âge, amoureux et jaloux, Ce moyen est plus sur que grilles et verrous, Avec un tel trésor, plus de ruse possible; Devant le criminel vous surgissez, terrible, Au moment périlleux, sans ([ue l'on sache d'où, Comme un diable à ressort qui jaillit d'un joujou !
CÉRO.ME.
Je te l'achète.
Fl;0>TLN.
Non. — Vous êtes trop avare !
Ce feutre me fait roi de France et de Navarre, Et vous m'en offririez des prix déshonorants.
CÉROME.
Cent écus, est-ce assez?
FRO.NTIN.
. C'est peu... mais je les prends.
GÉROATE.
Je voudrais bien, avant de te donner la bourse, Essayer...
FRONTIN
Comment donc !
GÉROiNTE, à pari, molt^int le chaprau.
Je vais prendre ma course, Et j'aurai le chapeau sans qu'il m'en coûte un sou! Il ne me verra pas.
FRONTLX, à pari.
J'ai compris, vieux filou.
Ilaul,
Ail! monsieur, c'est très-mal de frustrer un pauvre
[homme !
Une telle action me renverse et m'assomme ; C'est afficux....Il ne peut encore être bien loin ; Afin de le trouver, bàtomions chaque coin : Tapons, faisons des bleus sur le dos de l'espace; Dans notre moulinet il faudra bien qu'il passe! Frappons à tout hasard. . Pan! pan! pan ! . . .pif! paf ! pouf! En long, eu large, en haut, en bas, en travers...
GÉBOME.
Ouf!...
Ah! la cuisse ! ah ! le hras ! ah ! le dos ! ah ! l'épaule !
FROiXTIN.
Je m'escrimerai tant du bout de cette gaule, Que je l'attraperai. — Si je ne le vois pas, Je l'entends qui renifle et geint à chaque pas...
A part..
D'un revers de bâton foisons cesser le charme.
U fait tomber le chapeau.
GÉP.ONTE, à part.
Je suis tigré, zébré!
FROMIN.
Çà, déposons notre arme ; Votre éclipse m'avait vraiment inquiété ; Je vous cherchais partout. Vous aurais-je heurté ?
GÉROME
Nullement.
FRO^TIN
J'aurais pu vous faire quelque bosse.
GÉROiSTE, à part.
■le suis dur. Je payerai quelqu'un pour qu'il te rosse, Assassin !
FRONTIN, lai présentant le chapeau.
Achevons promptement le marché.
Nous sommes confiants... Quand vous aurez lâché, Je lâcherai.
GÉROME, lui donnant une bourse.
C'est fait.
FRO.\TI.\
Heureux mortel ! Le monde Est à vous maintenant, moins cette bourse ronde.
11 l'empoche.
Vous êtes comme l'air : vous entrez en tout lieu ; Homme, vous possédez la science d'un dieu ! Rien ne vous est caché, vous lisez dans les âmes, Et, ce que nul n'a fait, vous connaissez les femmes. Marinette à propos se dirige vers nous ; Disparaissez, je vais la confesser sur vous.
Géronte te coiffe du chapeau.