‹ Théâtrè par Jean LorrainChapitre 78 sur 113 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Les mêmes, ROTTERIK

UNE VOIX, au dehors.

Holà! ouvrez. Dormez-vous, ma mère?

LA REINE

Rotterik ! c'est lui qui... (La princesse fait signe que oui.) Crucifieur de femme!... Alors, quand il fa amenée toute sanglante hier...

LA PRINCESSE

Il ne savait pas, lui non plus, il a torturé le monstre, il est vrai, mais il aime la fille.

LA REINE, joignant les mains et se levant toute droite.

Il t'aimait"?... 11 te désirait, tu veux dire.,. (La princesse fait signe que oui.) 0 ma honte!

(On refrappe encore à la porte.)

ROTTERIK, derrière la porte.

M'eutendez-vous"? c'est moi, Rotterik, votre fils. (Parlant à ses hommes d'armes.) Il faut que le froid Tait rendue sourde. (Secouant la porte.) Ouvrez! je vais faire enfoncer la porte, je vous entends chuchoter, vous êles là!

LA PRINCESSE, serrée contre sa mère.

Ne m'abandonnez pas, ne me laissez pas seule avec lui, ma mère. Ah! tout mon sang se glace, Thorrible métamorphose est proche, le jour naît, je le sens. Cachez-moi, ne me regardez pas, vous allez avoir horreur de moi.

LA REINE

Mon enfant, mon enfant! (Elle ferme les rideaux sur la princesse qui se débat, tout en gardant ses mains dans les siennes, et prête l'oreille.)

ROTTERIK

Je vous préviens, ma mère : j'y fais mettre la hache si vous n'ouvrez pas.

LA VOIX DE LA PRINCESSE, de plus en plus faible derrière le rideau.

Vous ne me renierez pas, ma mère? vous ne m'abandonnerez pas?

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