‹ ThéâtreChapitre 52 sur 116 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

RAIMBAUDE, MAHEUDE

(Raimbaude, qui a regardé s'éloigner les femmes, vient s'asseoir dans la stalle de Maheudo et a pris un des coins de la tapisserie. Maheude s'est assise auprès d'elle et en a fait autant. Silence.)

RAIMBAUDE

Vous avez encore fait de vos contes^, ce soir?

MAHEUDE

Dame Raimbaude!

RAIMBAUDE

Je vous Tavais pourtant défendu. Pourquoi surexciter l'imagination de ces femmes comme si le château n'était pas assez troublant par lui-même? Vous créez une atmosphère d'angoisse autour de l'agonie de la reine, et la curiosité, dont elle se sent l'objet, exaspère son mal. Vous êtes bien coupable, nourrice I

MAHEUDE

Si vous croyez que c'est facile de résister à cinq petites

LA MANORAr.ORE W.)

lilles allumées du désir de savoir! elles me harcèlent de questions toute la sainte journée.

HAIMBAUDK

Et quand arrive le soir vous ne résistez plus. Que leur avez- vous conté aujourd'hui?

MAIIKUnK

Oh! lien, toujours la même chose, ce que tout le monde sait dans le royaume, l'ailieux accouchement et la scène du berceau royal.

RAIMBAUDE

Bien vrai. C'est encore trop. (Silonce.) Et Mengeolte ne vous a pas parlé du prince Rotterik?

MAIIKUDE

Non, pas aujourd'hui ; hier non plus.

RAIMBAUDE

Dieu en soit loué, cette petite m'inquiète. Pourvu qu'elle ne tourne pas comme les autres!

MAIIKUDE

Hélas!... on ne sait pas ce qu'il devient, le prince? Il y a bien trois mois que nous ne l'avons vu ici.

Et puisse-t-il retarder le plus longtemps sa visite! Pour le bien qu'il apporte à la reine!

MAHEUDE

Le fait est qu'elle est toujours plus malade après son départ.

IGO THÉÂTRE

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